CHAPITRE IV
Éducation.
C'est ici l'article important. C'est l'éducation qui doit donner aux âmes la forme nationale , et diriger telle-
ment leurs opinions et leurs goûts , qu'elles soient patriotes par inclination , par passion ^ par nécessités Un enfant en ouvrant les yeux doit voir la patrie, et jusqu'à la mort ne doit plus voir qu'elle. Tout vrai républicain suça avec le lait de sa mère lamour de sa patrie, c'est-à-dire desloiset de la liber té. Cet amour fait toute son existence ; il ne voit que la patrie , il ne vit que pour elle; sitôt qu'il est seul , It est nul; sitôt qu'it n a plus de patrie, il n'est plus; et s'il n'est pas mort , il est pis.
L'éducation nationale n'appartient qu'aux hommes libres ; il n'y a qu'eux qui aient une exiltence commune et qui soient vraiment liés par la loi. Vn François , un Anglois, un Espagnol, un Italien , un Russe , sont tous à peu près le même homme ; it sort du collège dqà tout façonné pour la licence, c'est^-dire pour la servitude. A vingt ans , un Polonois ne doit pas être un autre homme; il doit être un Polon<vs. Je veux qu'en apprenant à lire il lise des choses de son pays; qu'à dix ans il en connoisse toutes les productions , à douze toutes les provinces , tous les chemins , toutes les villes; qu'à quinze il en sache toute l'histoire , à seize toutes les lois ; qu'il n'y ait pas eu dans toute la Pologne une belle action ni un homme illustré dont il n'ait la mémoire et le cœur pleins , et dont il ne puisse rendre compte à l'instant. On peut juger par là que ce ne sont pas les études ordinaires , dirigées par des étrangers et des prêtres , que je voudrois faire suivre aux enfants. La loi doit régler la matière , Tordre et la forme de leurs études, fls ne doivent avoir pour instituteurs que des Polonois , tous mariés, s'il