CHAPITRE V. 3o
£i6n du gouvernement en despotisme, abâtardi les âmes des Polonois, et corrompu la masse de la nation. C'est un exemple unique dans Thistoire qu après des siècles un pareil état n'en soit encore qu a Femar* chie. La lenteur de ce progrès est due à des avantages inséparables des inconvénients dont vous voulez vous délivrer. Ah! je ne saurois trop le redire; pensez-y bien avant de toucher à vos lois, et surtout à celles qui vous firent ce que vous êtes. La première réforme dont vous auriez besoin seroit celle de votre étendue. Vos vastes provinces ne comporteront jamais la sévère administration des petites républiques. Commencez par resserrer ^s limites si vous voulez réformer votre gouvernement, jpeut-étre vos voisins songent-ils à vous rendre ce service^ Ce seroit sans doute un grand mal pour les parties démembrées; mais ce seroit un grand bien pour le corps de la nation.
Que si ces retranchements nont pas lieu, je ne vois qu'un moyen qui pût y suppléer peut-être; et, ce qui est heureux, ce moyen est déjà dans Fesprit de votre institution. Que la séparation des deux Polognes soit aussi marquée que celle de la Lithuanie : aye« trois états réunis en un. Je voudrois , s'il étoit possible , que vous en eussiez autant que de palatinats. Formez dans chacun autant d'administrations particulières* Perfectionnez la forme des diétines, étendez leur autorité dans leurs palatinats respectifs; mais marquez-en soigneusement les bornes, et faites que rien ne puisse rompre entre elles le lien de la xom* mune législation , et de la subordination au corps de la république. En un mot, appliquez- vous à étendre