‹ Extrait du Projet de Paix PerpetuelleChapitre 174 sur 200 · CHAPITRE XI I · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI I

voisii»|dus fort que tous , c'est chercher une chimère. C'en seroit une enc(M?e plus grande de vouloir faire des conquêtes et vous donner une force offensive ; elle est incompatible avec la forme dA votre gouvernement. ^ Quiconque veut être libre ne doit pas vouloir être conquérant. Les Romains le furent par nécessité , et, pour ainsi dire, malgré eux-mêmes. La guerre étoit un remède nécessaire au vice de leur constitution. Toujours attaqués et toujours vainqueurs, ils étoient le seul peuple discipline parmi des barbares , et devinrent les maîtres du monde en se défendant toujours. Votre position est si différente que vous ne sauriez même vous défendre contre qui vous attaquera. Vous n'aurez jamais Is^fqrce offensive; de long- temps vous n'aurez la défensive; mais vous aurez bientôt, ou pour mieux dire vous avez déjà la force conservatrice ^ qui , même subjugués , vous garantira de la destruction , $t , conservera votre gouvernement et votre liberté dans son seul et vrai sanctuaire , qui est le cœur des Polpnois. Les troupes réglées , peste et dépopulation de l'Europe y ne sont bonnes qu'à deux fins ; ou pour attaquer et conquérir les voisins y ou pour enchaîner et asservir les citoyens. Ces deux fins vous sont également étrangères : renoncez donc au moyen par lequel oa y parvient. L'état ne doit pas rester sans défenseurs , je le sais; mais ses vrai^défenseurs sont ses membres. Tout citoyen deit être soMat par devoir, nul ne doit l'être par métier. Tel fut le système militaire des Romains; tel est aujourd'hui celui des Salisses ; tel doit être celui de tout état libr^ , et surtout de la Pologne. Hors d'état de solder une armée suffisante pour la défendre , il

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faut qu'elle trouve au besoin cette armée dans ses habitants. Une bonne milice, une véritable milice bien exercée, est seule capable de remplir cet objet. Cette milice coûtera peu de Aose à la république , sera tou« jours prête à la servir , et la servira bien , parcequ^enfin Ton défend toujours mieux son propre bien que celui d'autrui.

Monsieur le comte Wielhorski propose de lever un régiment par palatinat, et de Tentretenir toujours sur pied. Ceci suppose qu on licencieroit Tarmée de la couronne, ou du moins Im&nterie; car je crois que Fentretien de ces trente-trois régiments surchargeroit trop la république si elle avoit outre cela Tarméé de la couronne à payer. Ce changement auipit son utilité, et me parolt facile à faire , mais ifpeut devenir onéreux encore , et Ton préviendra difficilement les abus. Je ne s^ois pas d avis d éparpiller les soldats pour maintenir Tordre dans les bourgs et villages; cela seroit pour eux une mauvaise discipline. Les soldats , surtout ceux qui sont tels par métier, ne doivent jamais être livrés seuls à leur propre conduite , et bien moins chargés de quelque inspection sur les citoyens. Ils doivent toujours marcher et séjourner en corps :- toujours subordonnés et slirveillés , ils ne doivent être que des instruments aveugles dans les mains de leurs officiers. De quelque petite inspection quon les chargeât, il en résulterait des violences , des vexations , des^bus sans nombre ; les soldats et les habitants deviendraient ennemis les un& des autres : c'eat un malheur attaché partout aux troupes réglées : ces régiments toujours subsistants en prendroient Tesprit , et jamais cet esprit

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