CHAPITRE XÎl
n'est favorable à la liberté. La république romaine fut détruite par ses légions quand Téloignement de ses conquêtes la força d'en avoir toujours sur pied. Encore une ficHS, les Polonois ne doivent point jeter les yeux autour d'eux pour imiter ce qui s'y fait même de bien. Ce bien, relatif à des constitutions toutes différentes , seroit un mal dans la leur* Ils doivent rechercher uniquement ce qui leur est convenable , et non pas' ce que d'autres, font, .
Pourquoi donc, au lieu des troupes réglées, <3«it fois plus onéreuses qu'utiles à tout peuple qui n'a .pas l'esprit de conquêtes , n'établiroit-on pas en Pologne une véritable milice exactement comme elle est établie
en Suisse, où tout habitant est soldat, mais seulement quand il faut l'être? La servitude établie en Pologne ne permet pas, je l'avoue, qu'on arme sitôt les pay^ stos: les armes dans des mains' serviles Nseronttou*jours plus dangereuses qu'utiles à l'état; mais, en attendant quel'heureu^ moment de les affranchir soit venu , la Pologne foursoille de villes , et leurs habitants enrégimentés pouiToient fournir au besoin des troupes nombreuses dont, hors le temps de ce même besoin, Fentretien ne coûteroit rien à l'état. La plupart de ces habitants, n'ayant point de terres, paieroient ainsi leur contingent en service ,^et ce service pourroit aisément être distribué de manière à ne leur être point onéreux , quoiqu'ils fussent suffisamment exeroés.
En Suisse, tout particulier qui se marie est obligé d'être fourni d'un uniforme , qui devient son habit de fête, d'un fusil de cahbre, et de tout l'équipage d'un fantassin; et il est inscris dans la compagnie de son
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quartier. Durant Tété, les dimanches et les jours de fétes , on ex^ce ce« milices selcm Tordre de leurs rôles , d'abord par petites escouades , ensuite par compagnies , puis par régiments, jusqu'à ce que, leur toui^ étant venu , ils se rassemblent en campagne, et fbrmevit successivement de petits camps, dans lesqu^s otn les exerce à toutes les manoeuvres qui conviennent à Tin- &nterie. Tant qu'ils ne sentent pas du lieu de leur de> meure , peu ou point détournés de leurs travaux , ils n'ont aucune paie; mais sitôt qu'ils marchent en campagne , ils ont le pain de munition et soDt à la solde de Fétat ; et il n'est permis à personne d'envoyer un autre homme k sa place, afin que chacun soit etereé luimême et que tous fassent le service. Dans un état tel que la Pologne, on peut tirer de ses vastes province de quoi remplacer aisément l'armée de la couronne par un nombre suffisant de milice toujours sur pied, mai^ qui, ebangesmt au moins tous tes ans, et prise par petits détachements sih* tonis les corps , seroit f>eu onéreuse aux particuliers, à<mt le tour viendroit. à paînede douze à quiiize ansime fois. De cette mamère , touite la nation sercHt exercée ; on auroit une belle et nombreuse armée toujours prête au besoin, et qui coûtera beaucoup moins , surtout en temps de paix , que ne coûte aujourd'hui l'armée de la couronne.
Mais, pour bien réussir dans cette opération, il faudrpit commencer par changea sur ce point l'opiûiou publique sur un état qui change en effet du tout au tout,' et faire qu'on ne regardât plus en Pologne un soldat comme un bandit qui , pour vivre , se vendà cinq MHispar jour, mais comme un citoyen qm sert Ift pétrie