‹ Extrait du Projet de Paix PerpetuelleChapitre 194 sur 200 · AU MEME · texte numérisé non relu

AU MEME

MoUers, le i5 octobre 1764*

Je ne sais , monsieur, pourquoi votre lettre du 3 ne m'est parvenue qu'hier. Ce retard me force, pour profiter du courrier» de vous répondre à la hâte, sans quoi ma lettre n'arriveroit pas à Aix assez tôt pour vous y trouver.

Je ne pms guère espérer d^étre en état d'dter en CoiTse. Quand je pourrois entreprendre ce voyage , ce ne seroit que dans la belle saison : d'ici là le temps est ]H*écîeu% , il 'faut l'^pargtier tant qu'il est possible , et

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il serapeidu jusqu'à ce que j aie reçn vosinstrucdoiis. Je joins ici une note ra|Hde des premières dont j'at besoin; les vôtres me seront toujours nécessaire» dans cette entreprise. Il ne faut point là-dessus^me parier 9 monsieur, de votre insuffisance : à juger de vous par vos lettres, je dois plus me fier à vos yeuK qu'aux miens; et à juger par vous de votre peuple, il a tort de cherdier. ses guides hors de chez lui.

Il s'agit d un si grand objet que ma téinérité me fait trembler : n'y joignons pas du moins l'étourderip. J'ai l'esprit très lent; l'âge et les maux le ralentissent encore. Un gouvernement provisionnel a ses inconvénients : quelque attention qu'on ait à ne faire que* les changements nécessaires, un établissement tel que celui que nous cherchons ne se fait point sans un peu de commotion, et l'on doit tâcher au moins de n'en avoir qu'une. On pourront d'abord jeter les fendeiYients, puis élever plus à loisir l'édifice. Mais cela suppose un plan déjà &nt, et c'est pour tracer ce pkm même qu'il faut le plus méditer. D'ailleurs* il est à craindre qu'un établissement imparfait ne fesse plus sentir ses embarras que ses avantages , et que cela ne dégoûte le peuple de l'achever. Voyons toutefois ce qui se peut faire : les mémoires dont j'ai besoin reçus , il me faut bien six mois pour m'instruire, et autant au moins pour digérer mes instructions; de sorte que du printemps prochain en un an , je pilurrois proposer mes premières idées sur une forme provisionnelle , et au bout de trois autres années mon plan complet d'iqsâtution. Comme on né doit promettre que ce qui dépend de soi, je ne suis pas sûr de mettre en état

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mon travail en si peu de temps; mais je suis si sûr de ne pouvoir labréger, que , s'il laut rapprocher ua de ces deux termes > il vaut mieux que ye n'entre* prenne rien.

Je suis charmé du voyage que vous faites en Corse dans ces circonstances ; il ne peut que vous être très utile. Si 9 comme je n en doute pas , vous vous y occupez de notre objet , vous verrez mieux ce qu'il fisiut me dire que je ne puis voir ce que je dois vous demander. Mais permettez-moi une curiosité que m'inspirent l'estime et l'admiration. Jevoudrois savoir tout ce qui regarde M. Paoli; quel âge a*t-il? est-il marié? art-il des «nfants? où a-t-il appris l'art militaire? conunent le bonheur de sa nation l'a-t-il mis à la tète de ses troupes? quelles fonctions exerce-t-il dans l'adminis** tration politique et civile? ce grand homme se résoa- ^droit-il à n'être que citoyen dans sa patrie après ea avoir été te sauveur? Surtout parlez-moi sans déguise* ment à tous égards ; la gloire , le repos y le bonheur de votre jpeuple^ dépendent ici plus de vous que de moi. Je' vous salae y monsieur , de tout mon cœur.

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