‹ Extrait du Projet de Paix PerpetuelleChapitre 27 sur 200 · LIVRE ï, CHAPITRE VI. III · texte numérisé non relu

LIVRE ï, CHAPITRE VI. III

zosûntenii^dans cet état. Alors cet état primitif ne peul: plus subsister; et le genre humain périroît s'il ne cbangeoit de manière d'être.

Or, ôomme les hommes ne peuvent engendrer de nouvelles forces , mais seulement unir et diriger celles qui existent, ils n'ont phis d'autre moyen pour se conserver que de former par agrégation une somme de forces qui puisse l'emporter sur la résistance , de les mettre en jeu par un seul mobile , et de les faire agir de concert.

Cette somme de forces ne peut naître que du concours de plusieurs; mais la force et la liberté de chaque homme étant les premiers instruments de sa conservation, comment les engagera-t-il sans se nuire et sans négligei* les soins qu'il se doit? Cette difficulté, ramenée à mon sujet, peut s'énoncer en ces termes :

« Trouver une forme d'association qui défende et « protège de toute la force commune la personne et « les biens de chaque associé , et par laquelle chacun , ff s'unissant à tous , n'obéisse pourtant qu^à lui-même , « et reste aussi libre qu'auparavant. »> Tel est le proi>Ième fondamental dont le contrat social donne là solution.

Les clauses de ce contrat sont tellement déterminées par la nature de l'acte , que la mokidre modification les rendi-oit Vaines et de nul eflfet; en ^rte que , bien qu'elles n'sdent peut-être jamais été formellement énoncées , elles sont partout les mêmes , partout tacitement admises et reconnues , jusqu'à ce que, le pacte social étant violé; chacun reiKre alors dans ses

premiers droits, et reprenne sa liberté naturelle ^ en perdant la liberté conventionnelle pour laquelle il y renonça.

Ces clauses, bien entendues, se réduisent toutes à une seule: savoir, Faliénation .totale de chaque associé avec tous ses droits à toute la communauté; car, premièrement, chacun se donnant tout entier, la condition est égale pour tous; et la condition étant égale pour tous , nul n'a, intérêt de la rendre onéreuse aux autres.

De plus , Taliénation se faisant sans réserve , Tunion est aussi par&ite qu'elle peut Tétre, et nul associé n'a plus rien à i^clamer; car, s'il restoit quelques ^oits aux particuliers, comme il ny auroit aucun supériem* commun qui pût prononcer entre eux et le public, chacun, étant en quelque point son propre juge, prétendroit bientôt Tétre en tous; l'état de nature subsisteroit, et l'association deviendroit nécessairement tyrannique ou vaine.

Enfin chacun se donnant à tous ne se donne à personne ; et comme il n'y a pas un associé sur lequel on n'acquière le même droit qu'on lui cédé sur soi , on gagne l'équivalent de tout ce qu'on perd , et plus de force pour conserver ce qu'on a.

Si donc on écarte du pacte social ce qui n'est pas de son essence, on trouvera qu'il «e réduit aux ternies suivants : Chacun de nom met en commun sa personne et toute sa puissance sous la suprême direction de la volonté générale^ et nous recevons encore chaque membre eomifae partie indivisible du tout..

A l'instant, au lieu de la personne particulière de

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