CHAPITRE IIL
Si la volonté générale peut errer.
Il s'ensuit de ce qui précède que la volonté gêné* raie est toujours droite et tend toujours à Tutilité pt»blique : mais il ne s'ensuit pas que les délibérations dâ peuple aient toujours la mémei^ctitude. On veut tou^ jours son bien ^imais on ne le voit pas toujours : jamaid on ne corrompt le peuple , mais souvent on le trompe> et c'est aloi^ seulement qu'il paroit vouloir ce qm est mal.
Il y a souvent bien de la différence entre la volonté de tous et la volonté générale ; celle-ci ne regarde qu'à l'intérêt commun; l'autre regarde à l'intérêt privé, et n'est qu'une sonune de volontés particulières : mai^ ôtez de ces mêmes volontés les plus et les moins qui s'entre-détrufsent > , reste pour somme des différences la volonté générale.
* Chaque intérêt , dit le marquis d'Argenson, a des principes différents. V accord de deux intérêts particuliers se forme par ppposili'oh h celui d*un tiers *. il eût pu ajouter que l'accord de tons les intérêts se forme par opposition à celui de chacun. S*il n'y avoit point d'intérêts différents , à peine sentiroit-on Tintérét commun, qui ne trouveroit jamais d'obstacle; tout iroit de lui-même, et la politi- <|oe cesseroit d'être un art.
' Voyn Us Canêidémtiont sur U Gouvernement de In France, chap. «.