LIVRE II, CHAPITRE IIL
Si , quand le peuple suffisamment informé délibère » les citoyens n'avoient aucune communication entre eux , du grand nombre de petites différences résulteroit , toujours la volonté générale, et la délibération seroit toujours bonne. Mais quand il se fait des brigues, des associations partielles , aux dépens de la grande , la ?o« lonté de chacune de ces dissociations devient générale par rapporta ses membres , et [particulière par rappott à Fétat : on peut dire alors qu il n y a pluâ autant de votants que d'hommes , mais seulement autant que. d'associations. Les difPérences deviennent moins nombreuses et donnent un résultat moins général. Enfin, ^ quand une de ces associations est si grande qu elle remporte sur toutes les autres , vous n avez plus pour résultat une somme de petites différences, mais une différence unique; alors il n'y a plus de volonté géné« " raie , et lavis qui Temporte n'est qu'un avis particulier. 11 importe donc, pour avoir bien l'énoncé de la vo« lonté générale, qu'il n'y ait pas de société partielle dans l'état; et que chaque citoyen n'opine que d'après lui'* : telle fut l'unique et sublime institution du grand Lycurgue. Que s'il y a des sociétés partielles , il en faut mul tiplier le nombre et*en prévenir l'inégalité, coinme firent Solon , Numa, Servius. Ces précautions sont lee seules bonnes pour que la volonté générale soit tdu* jours éclairée , et que le peuple ne se trompe point.
' Vera cosa é, dit Machiavel, chv ahuni dhtsioni nuocùtto allé repibliche, e alcune ^iovano : quelle nuocono ehe sono dalle sette é da partigiaiii accompagnate : quelle giovano che senza sette, senza partigiani > $i mantengono. Non potendo aéunque provedere unfondatoreduna republica che non siano nimiciziè in quella, hàda pré* veder almeno che non vi siano tetîe. Hi«t. Florent., liv. rit.