LIVRE I!, CHAPITRE VIII
il ne le peut plus quand le resacHt civil est usé. Alors * les troubles pcaivent le détruire sans que les révolu* tions puissent le rétablir ; et sitôt que ses fers sont brisés , il tombe épars et n'existe plus : il lui faut désormais un maître et non pas un libérateur. Peuples libres, souvenez-vOUS de cette maxime : On peut acquérir la liberté, mais on ne la recouvre jamais.
La jeunesse n est pas Tenfance. Il est pour les nations comme pour les homiaes un tençs dç jeunesse , ou , si J on veut , de maturité , qu'il faut attendre avant de les soumettre à des lois : mais la maturité d'un peuple n est pas toujours facile à connoître; et si on la prévient, Touvrage est manqué. Tel peuple est disdpUnable en naissant, tel autre ne Test pas ^u bout de dix siècle». Les Russes ne feront jamais vraiment policés, parcequ'ils Tout été trop tôt. Pierre avoit le génie imitatif; il n avoit pas le vrai génie, celui qui crée et fait tout de rien. Quelques unes des choses qu'il JSt étoient bien , la plupart étoient déplacées. Il a vu que son peuple étoit barbare , il n a point vu qu'il n'étoit pas mûr po^r la police ; il l'a voulu civiliser quand il ne falloit que l'aguerrir. Il a d'abord voulu &ire des Allemands , des Anglois , quand il falloit commencer par feire des Russes : il a empêché ses sujets de jamsus devenir ce qu'ils pourroient être , en leur persuadant qu'ils étoient ce qu'ils ne sont pas. C'est amsi qu'un précepteur £»nçois forme son élève pour brilier un moment dans son enfance , et puis n'être jamais rien. L'empire de Russie voudra subjuguer l'Europe, et sera subjugué lui-même. Les Tartajr.es, ses sujets ou ses voisins, deviendront ses maîtres et
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les nôtres : eette révolution me piaroit in&illible. Tons les rois de l'Europe travaillent de concert? à laccélérerw