CHAPITRE XII
DivisLoa des loia.
. Pour ordonner le tout, ou donner la metlleure forme possible à la chose publique,' il y a diverses relations à considérer. Premièrement, Faction du corps entier agissant sur lui-même, c'est-^-dire le rapport du tout au tout, ou du souvers^in à Tétat ; et ce rapport est composé de celui des termes intermédiaires , comme nous le verrons ci-après.
Les lois qui règlent ce rapport portent le nom de lois politiques, et s appellent aussi lois fondamen* taies, non sans quelque raison si ces lois sont sages ; car , s'il n y a dans chaque état qu une bonne manière de lordonner , le peuple qui la trouvée àxÀt s y tenir : mais si Tordre établi est mauvais , pourquoi prendroitr on pour fondamentales des lois qui Fempôchent d etr# bon? D ailleurs , en tout état de cause , un peuple est toujours le njaltre de changer ses lois, même les meilleures; car, s'il lui plaît de se faire mal à luimême , qui est-ce qui a droit de Ten empêcher?
La seconde relation est celle d/es membres entre eux, ou avec le corps entier ; et ce raj^ort doit être au premier égard aussi petit , et au second aussi grand qu'il est possible; en sorte que chaque citoyen soit dans une parfaite indépendance de tous les autres, et dans une excessive dépendance de la cité : ce qui se fiiit toujours par les mêmes moyens ; car il n y a que la force de l'état qui fasse la liberté de ses mem-