LIVRE II, CHAPITRE XII. iSg
bres. C'est de ce deuxième rapport que naissent les lois civiles.
On peut considérer une troisième sorte de relation entre Thomme et la loi , savoir, celle de la désobéissance à la peine; et celle-ci donne lieu à rétablissement des lois criminelles, qui, dans le fond, sont moins une espèce particulière de lois que la sanction de toutes les autres.
A ces trois sortes de lois il s'en joint une quatrième , la plus importante de toutes , qui ne se grave ni sur le marbre, ni sur Tairain, mais dans les cœurs des citoyens; qui fait la véritable constitution de Tétat; qui prend tous les jours de nouvelles forces; qui lorsque les autres lois vieillissent ou s'éteignent , les ranime ouïes supplée, conserve un peuple dans 1 esprit de son institution , et substitue insensiblement la force de rhabitude à celle de l'autorité. Je parle des mœurs , des coutumes , et surtout de Topinion ; partie inconnue à nos politiques, mais de laquelle dépend le succès die toutes les autres ; partie dont le grand législateur s'occupe en secret , tandis qu'il parolt se borner à des règlements particuliers, qui ne sont [que le cintre de la voûte, dont les mœurs, plus lentes à naître, forment enfin TinébranlaUe clef.
Entre ces diverses classes , les lois politiques , qui constituent la forme du gouvernement, sont la seule relative à mon' sujet.
i6o DU CONTRAT SOCIAL.
LIYRE III.
Avant de parler des diverses formes de gouvernement, tâchons de fixer le sens précis de ce mot , qui n a pas encore été fort bieû expliqué.