LIVRE III, CHAPITRE IV
pour principe à la république* ,, car toutes ces conditions ne sauroient subsister sans la vertu: mais, faute d'avoir fait les distinctions nécessaires, ce beau génie a manqué souvent de justesse , quelquefois de clarté, et n'a pas vu que 1 autorité souveraine étant partout la même, le même principe doit avoir lieu ilans tout état bi^a constitué; plus ou moins, il est vrai , selon la ferme du gouverneinent.
Ajoutons qu il n y a pas de gouvernement si sujet aux guerres civiles et aux agita:tions intestines que le ^iémocratiqife ou populaire , parcequ'il n'y en a aucun qui tende si fortement et si continuellement à chan* ^T de forme, ni qui demande plus de vigilance et de courage pour être maintenu dans la sienne. G est sur* tout dans cette constitution que le citoyen doit s'armer -de force et de constaoce, et dire chaque jour de sa vie au fond de son cœur ce que disoit un vertueux palatin > dai^s la diète de Pologne : Malo periculosam Ubertatem qubm 4fuietum servitium.
S'il y avoit un peuple de dieux, il se gouverneroit démocratiquement. Un gouvernement si parfait ne cornaient pas à des hommes.
* Esprit des Lois., Ut. m, chap. 3.
' Le palatin de Posnani'e, père da roi de Pologne, due de Lorraine.
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