CHAPITRE V
Be TaristocFatie»
Nous avons ici deux personiaes niorales très distinctes^ savoir , le gouvernement et le souverain; et par conséquent deux volontés générales , Tune par rapport à tous les citoyens , laujtre seulement pour les membres de Tadministration. Ainsi ^ bien que le gouvernement puisse régler sa police intérieure comme il lui plaît, il ne peut jamais |)arler au peuple quau nom du souverain, c est-à-dire au nom du peuple même ^ , ce qu'il ne faut jamais oublier.
Les premières sociétés se gouverpèrent aristocratiquement. Les chefs de^ familles délibéf oient entre eux des affaires publiques. Les jeunes gens cédoient sans peine s^ l'autorité dé Texpérience^ De là les noms de prêtres y d'anciens j de sénat\ de.gérontes. Les sauva, ges de TAmérique septentrionale se gouvernent encore ainsi de nos jours, et sont très bien gouvernés*
Mais, à mesure que l'inégalité d'institution remporta sur Finégalité naturelle, la richesse ou la puissance ' fut préférée à l'âge , et l'aristocratie devint élective. Enfin la puissance transmise avec les biens du père aux enfants, rendant les. familles patriciennes, rendit le gouvernement héréditaire, et l'on .vit des sénateurs de vingt ans.
' Il est clair que le mot optimatesy phezles anciens, ne veut pas dire les meilleurs, mais les plus puissants.