‹ Extraits choisis des œuvres de Paul Bourget;Chapitre 5 sur 27 · LES ROSES FANÉES · texte numérisé non relu

LES ROSES FANÉES

Dans notre premier mois, et par ces belles nuits

Qui suivent les soirs de septembre, Je vous quittais très tard, et, le cœur plein d'ennuis,

Je m'acheminais vers ma chambre.

Les maisons du village oU nous passions Tété Vers neuf heures du soir sont closes ;

La route était déserte et tournait à côté D'un grand jardin planté de roses.

Et là, seul, sans souci d'un regard importun,

Accoudé sur le mur de pierre.

Je restais à rêver de vous dans ce parfum

Quelquefois plus d'une heure entière.

Et les roses tremblaient et Semblaient se pâmer

Aux caresses du clair de lune.

Je pensais à vos yeux en écoutant la mer

Sangloter derrière la dune.

Ces parfums sont éteints pour longtemps, et l'hiver

Vient sur nous à grandes journées.

Les rosiers ont gardé quelque feuillage vert.

Mais toutes leurs fleurs sont fanées.

POÉSIES

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