LES ROSES FANÉES
Dans notre premier mois, et par ces belles nuits
Qui suivent les soirs de septembre, Je vous quittais très tard, et, le cœur plein d'ennuis,
Je m'acheminais vers ma chambre.
Les maisons du village oii nous passions l'été Vers neuf heures du soir sont closes ;
La route était déserte et tournait à côté D'un grand jardin planté de roses.
Et là, seul, sans souci d'un regard importun.
Accoudé sur le mur de pierre.
Je restais à rêver de vous dans ce parfum
Quelquefois plus d'une heure entière.
Et les roses tremblaient et semblaient se pâmer
Aux caresses du clair de lune.
Je pensais à vos yeux en écoutant la mer
Sangloter derrière la dune.
Ces parfums sont éteints pour longtemps, et l'hiver
Vient sur nous à grandes journées.
Les rosiers ont gardé quelque feuillage vert.
Mais toutes leurs fleurs sont fanées.