‹ Extraits de l'esprit des lois et des œuvres diversesChapitre 105 sur 324 · Banquet, IV, 29 et suiv. E?:x · texte numérisé non relu

Banquet, IV, 29 et suiv. E?:x

^o'jXo; r.v. La traduction de Montesquieu est très libre. Montesquieu semble prévoir ici le socialisme d'Etat, bien que ces développements ne soient faits qu'à l'aide de réminiscences antiques. Mais il n'y a pas diverjcence fondamentale entre le socialisme des Grecs du iv' si^cle avant J.-C. et

Leurs auteurs sont persuadés que la loi seule a assez d'empire sur les particuliers pour avoir raison de leur éjjoïsme, et qu'en dehoi-s de la force brutale il n'y a q\relle qui soit capable de répartir équitablement la richesse. Cette tendance se marque encore mieux chez les théoriciens socialistes de l'antiquité que chez les modernes, et il était impossible, h vrai dire, qu'il en fût autrement. Les anciens attribuaient h l'Etat une autorité si considérable sur la personne du citoyen, non seulement sur ses actes mais même sur ses sentiuu'nts et ses pensées l<>s plus intimes, «pTil paraissait toutn.iltile collectivisme de nos jours : ■ rel d'étendre son action luvx Çvnk- ■ Si divers que soient les jilans de i lunes \>n\6<îîs ç-V *\vi^^\vvi ^v-\\\\Vi rétormo, ils reposent preaquo loy\<< \ j;raud d\sw'i\sv\W\\Y Ovv^s ^^'^^"'?•^: * st/r cette idée que c'est l'Etat ijui 1 C\\\v;\\\»\, la Vroi>rV(ilê ov V.tcco ^ doit se charger de Jes exécuter, l p. bl^.

n'aperçoive pas leur avarice, ils flattent sans cesse la sienne*.

La corruption augmentera parmi les corrupteurs, et elle augmentera parmi ceux qui sont déjà corrompus. Le peuple se distribuera tous les deniers publics; et, comme il aura joint à sa paresse la gestion des affaires, il voudra joindre à sa pauvreté les amusements du luxe. Mais avec sa paresse et son luxe, il n'y aura que le trésor public qui puisse être un objet pour lui *.

Il ne faudra pas s'étonner si l'on voit les suffrages se donner pour de l'argent. On ne peut donner beaucoup au peuple sans retirer encore plus de lui : mais pour retirer de lui, il faut renverser l'État. Plus il paraîtra tirer d'avantage de sa liberté, plus il s'approchera du moment où il doit la perdre. 11 se forme de petits tyrans qui ont tous les vices d'un seul. Bientôt ce qui reste de liberté devient insupportable : un seul tyran s'élève; et le peuple perd tout, jusqu'aux avantages de sa corruption'.

1 La démocratie a donc deux excès à éviter : l'esprit d'inégalité, qui la mène à l'aristocratie ou au gouviMue- * ment d'un seul; et l'esprit d'égalité extrême, qui la conduit au despotisme d'un seul, comme le despotisme d'un ' seul finit par la conquête.

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