Cf. notamment les Lois, VIII, p
2. La Hollande.] — Blontcsquicu aurait pu ajouter l'Angleterre,
« Il y a [au parlement] des membres écossais, qui n'ont que 200 livres sterling pour leur voix et la vendent ù ce prix. Les Anglais ne sont plus dignes de leur liberté.
Ils la vendent au roi, et si le roi la leur redonnait, ils la lui vendraient encore. » Notes sur l'Angleterre', Lnboula^fe, t. VII, p. IIKK 3. Aristote, Politique^ I, nu i.
Cf. Thuc^Avde, \, \ \ * ^^^\s ^'^'^ Grecs ne svwetvV. v'^'î» V^^^*^ ^^^'^ ^vsvcvr
où régnait au xvui* siècle un 1 m\m\qv\er euVvc v-v\x a \a\\^ ^^ esprit de véaalité jniniaginable : 1 vaisseaux, <\\x«, %\\v^«^ V^^ ^^
12 i L'ESPRIT DES LOIS.
soit que je parle de celle qui a sa racine dans le ciel, ou bien de celles qui ont la leur sur la terre.
Comme dans cet ouvrage je ne suis point théologien, mais écrivain politique, il pourrait y avoir des choses qui ne seraient entièrement vraies que dans une façon de penser humaine, n'ayant point élé considérées dans le rapport avec des vérités plus sublimes.
A regard de la vraie religion, il ne faudra que 1res peu d'équité pour voir ([ue je n'ai jamais prétendu faire céder ses intérêts aux intérêts politiques, mais les unir : or, pour les unir, il faut les connaître*.
La religion chrétienne, qui ordonne aux hommes de s'aimer, veut sans doute que chaque peuple ait les meilleures lois politiques et les meilleures lois civiles, parce qu'elles sont, après elh», le plus grand bien que les hommes puissent donner et recevoir*. (Livre XXIV, chap. i.)
PAUAUOXE DE BAYLK
M. Bayle a prétendu |)rouver qu'il valait mieux être athée qu'idoliUre' : c'esl-à-dire, en d'autres termes, qu'il est moins dangereux de n'avoir point du tout de religion que d'en avoir une mauvaise. « J'aimerais mieux », dit-il, (( que l'on dit de moi (pie je n'existe pas, que si l'on disait que je suis un méchant homme. » Ce n'est qu'un sophisme, fondé sur ce qu'il n'est d'aucune utilité au genre humain que Ton croie qu'un certain honnne existe; au lieu qu'il est très utile que l'on croie que Dieu est*.
l. Texte priinilif («'dit. do Genève, 1718): « Il no faudra qiio très pou dÏMiuito pour voir qno je n'ai jamais nrôtondu l'airo c«'dor los int«^rùts (le la irtigion aux intërôts politiques ». etc.
3. Pf^nséfs sur la comète, €»tr."J - /*('us('('s (/i ver ses écrites à un
docteur en Sorlfonue à Vttrcasion (le 1(1 annèle (jiti ikivuI au mois (le (técemlfre 1680. Baylo lut, au xvM' sièe|««, le ropn'sonlanl le plus convaincu, lo plus érudit et le plus «^lo<|uenl du scepticisme.
1 drail VuwciAttV », OlxsàvVNvAV^yc^,
De l'idée qu'il n*est pas suit l'idée de notre indépendance; ou si nous ne pouvons pas avoir cette idée, celle de notre révolte. Dire que la religion n'est pas un motif réprimant, parce qu'elle ne réprime pas toujours, c'est dire que les lois civiles ne sont pas un motif réprimant non plus. C'est mal raisonner contre la religion, de rassembler dans un grand ouvrage * une longue énumération des maux qu'elle a produits, si l'on ne fait de même celle des biens qu'elle a faits. Si je voulais raconter tous les maux qu'ont produits dans le monde les lois civiles, la monarchie, le gouvernement républicain, je dirais des choses effroyables. Quand il serait inutile que les sujets eussent une religion, il ne le serait pas que les princes en eussent, et qu'ils blanchissent d'écume le seul frein que ceux qui ne craignent point les lois humaines puissent avoir*.
Un prince qui aime la religion et qui la craint, est un lion qui cède à la main qui le flatte ou à la voix qui l'apaise; celui qui craint la religion el qui la hait, est comme les bêtes sauvages qui mordent la chaîne qui les empêche de se jeter sur ceux qui passent; celui qui n'a point du tout de religion, est cet animal terrible qui ne sent sa liberté que lorsqu'il déchire et qu'il dévore.
La question n'est pas de savoir s'il vaudrait mieux qu'un certain homme ou qu'un certain peuple n'eût point de religion que d'abuser de celle qu'il a ; mais de savoir quel est le moindre mal, que l'on abuse quelquefois de la religion, ou qu'il n'y en ait point du tout parmi les hommes.
Pour diminuer l'horreur de l'athéisme on charge trop l'idolâtrie. Il n'est pas vrai que, quand les anciens élevaient des autels à quelque vice, cela signifiât qu'ils aimassent ce vice : cela signifiait au contraire qu'ils le haïssaient. Quand les Lacédémoniens érigèrent une cha-
1. Le Diclinnnaire historique et \ moul sv\r coWv' \vV»v^ ^w^- \^/t^^\- ^riitaue de liayle. \ };\ou osV, v\\\ Vv^nvx ww <Nv»svvn\:\s\w ■
a.montemiuivu ve\'wtti cunst.iin \ cï. Y>.V>l,eV.C<>usUli'ru\u»us..V- -
pelle à la Peur, cola ne signifiait pas que cetle nation belliqueuse lui demandât de s'emparer dans les combats des cœurs des Lacédémoniens*. Il y avait des divinités à qui on demandait de ne pas inspirer le crime, et d'autres à qui on demandait de le détourner*.
(Livre XXIV, chap. ii.)
QUE LE GOUVERNEMENT MODERé CONVIENT MIEUX