LA VRAIE PAUVRETE
Un homme n'est pas pauvre parce qu'il n'a rien, mais parce qu'il ne travaille pas. Celui qui n'a aucun bien et qui travaille est aussi à son aise que celui qui a cent écus de revenu sans travailler. Celui qui n'a rien et qui a un métier n'est pas plus pauvre que celui qui a dix arpents de terre en propre, et qui doit les travailler pour subsister. L'ouvrier qui a doiuié à s<'s enfants son art pour héritage, leur a laissé un bien qui s'est nmltiplié à proportion de leur nombre. Il n'en est pas de même de
liommes puissants, ils so mirent à cxiTccrla piralorie, autant pour leur (;ain itarticulitM', que pour procurer de la nourriture aux faibies. » Si, aux époques civilisées, il y a opposition entre le commerce et le bripan<la{;e. il est vi'ni de dire que \e /)ri^^«n(la(;e et la piratei'ie ont été la pre-
mière forme des expéditions comuu'rciales.
1. Montesquieu son}?e ici à l'Espa«;ne. dont il a souvent décrit la misère, cf. ici. p. 7. n. 9.
2. Ce sont les peuples sauvages ou barbares, et Montesquieu |ieiit sou\;oA' aiU'x. V^^tvi;i^vu.'& des iavs-
GOMMERGE ET KIGHESSE.
celui qui a dix arpents de fonds pour vivre, et qui les partage à ses enfants. (Livre XXIII, chap. xxix, fragra.)
Quelles causes de prospérité pour la Grèce, que des jeux qu'elle donnait pour ainsi dire à l'univers, des temples où tous les rois envoyaient des offrandes, des fêtes où Ton s'assemblait de toutes parts, des oracles qui faisaient l'attention de la curiosité humaine, enfin le goût et les arts portés à un point que de croire les surpasser sera toujours ne les pas connaître!
(Livre XXI, chap. vn, fragm.)
Les bonnes républiques grecques avaient des institutions admirables. Les riches employaient leur argent en fêtes, en chœurs de musique, en chariots, en chevaux pour la course, en magistratures onéreuses. Les richesses y étaient aussi à charge que la pauvreté*.
(Livre VII, chap. m, fragm.)
L'effet du commerce sont les richesses, la suite des richesses le luxe, celle du luxe la perfection des arts.
(Livre XXI, chap. vi, fragm.)
1. Montesquieu, qui semble parfois partisan du nivellement des fortunes, du moins quand il parle des républiques anciennes, trouve admirables les moyens employés par elles pour arriver h ce résultat. En réalité, ils furent d'une politique fort maladroite, et devinrent la cause de l'antipathie que l'aristocratie grecque conçut pour sa liberté et de la faveur qu'elle accorda h l'étranper. « Le gouvernement républicain, lorsqu'il ne professe pas un grand respect pour les droits individuels, se change facilement en despotisme.
Le pauvre organisa une guerre en
règle contre la richesse. Cette guerre fut d'abord déguisée sous des formes légales; on cliargea les riches de toutes les dépenses publiques, on les accabla d'impôts, on leur fit construire des trirèmes, on voulut qu'ils donnassent des fêtes au peuple (Xénoplion, Respublica Âtheniensium^ I, 15). Puis on multiplia les amendes dans les jugements. La démocratie des pauvres était devenue la tyrannie à partir du jour où les besoins et les intérêts matériels avaicut ÇavV. xvvwyVx^'sv^ ^'^ O^r.^^?^.^-
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Les devoirs de l'État. — Montesquieu réformateur^