‹ Extraits de l'esprit des lois et des œuvres diversesChapitre 145 sur 324 · ET DE PORTUGAL · texte numérisé non relu

ET DE PORTUGAL

Une juive de dix-huit ans, brûlée à Lisbonne au dernier autodafé, donna occasion à ce petit ouvrage; et je crois que c'est le plus inutile qui ait jamais élé écrit. Quand il s'agit de prouver des choses si claires, on est sûr de ne pas convaincre.

L'auteur déclare que, quoiqu'il soit juif, il respecte la

1. Il va s.ins (lire que tout ceci est une pure invention de Montesquieu, sauf l'autodafé d(> Lisbonne. Il y eut k Lisbonne, en 1 7 io, un mitodHt'é qui fui tristement céJèbie ea Europe^ et dans lequel

fut brûlé notamment le poète Antonio Jozé. Le supplice du iéa fut aboli en Portugal par le ministre Ponibal, ce qui ne l'empè»

cUa pas, <\' a\\\«î\xt%. de faire braler le jésuVVttllLa\a«c\ôa. VV^^\V

religion chrétienne, et qu'il Taime assez pour ôter aux princes qui ne seront pas chrétiens un prétexte plausible pour la persécuter.

(( Vous vous plaignez », dit-il aux inquisiteurs, « de ce que Tempereur du Japon fait brûler à petit feu tous les chrétiens qui sont dans ses États*; mais il vous répondra : Nous vous traitons, vous qui ne croyez pas comme nous, comme vous traitez vous-mêmes ceux qui ne croient pas comme vous ; vous ne pouvez vous plaindre que de votre faiblesse, qui vous empêche de nous exterminer, et qui fait que nous vous exterminons.

(( Mais il faut avouer que vous êtes bien plus cruels que cet empereur. Vous nous faites mourir, nous qui ne croyons que ce que vous croyez, parce que nous ne croyons pas tout ce que vous croyez. Nous suivons une religion que vous savez vous-mêmes avoir été autrefois chérie de Dieu ; nous pensons que Dieu l'aime encore, et vous pensez qu'il ne l'aime plus; et parce que vous jugez ainsi, vous faites passer par le fer et par le feu ceux qui sout dans cette erreur si pardonnable, de croire que Dieu aime encore ce qu'il a aimé*.

(( Si vous êtes cruels à notre égard, vous l'êtes bien plus à l'égard de nos enfants : vous les faites brûler, parce qu'ils suivent les inspirations que leur ont données ceux que la loi naturelle et les lois de tous les peuples leur apprennent à respecter comme des dieux'.

(( Vous vous privez de l'avantage que vous a donné sur les mahométans la manière dont leur religion s'est établie. Quand ils se vantent du nombre de leurs fidèles, vous leur dites que la force les leur a acquis, et qu'ils ont

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