‹ Extraits de l'esprit des lois et des œuvres diversesChapitre 146 sur 324 · Cf. p · texte numérisé non relu

Cf. p

2. C'est la source de l'aveuprlement des juifs, de ne pas sentir que l'économie de l'Evangile est dans l'ordre des desseins

3. Leurs pères. C'est une idt'e chère à Montesquieu, grand partisan de la puissance patcrnolle comme force réprira«iuVfe ^«^vj-u ici, p. \UV, cl. \jcUtc% Vex's.aAxe^.

pile est dans rorore aes aessems ic\, p. iwy. ç\. ucwtc* vcx's.a.^vv^^ (le Dieu, et qu'ainsi elle est une\L\\\\ •. *\ift% \feTes. %q^\V \v«vïv'^^ atiite de son immutabilité même.) \ du créaXeva àft\\MvvN«5xs-*

étendu lour religion par le fer : pourquoi donc établissezvous la vôtre par le l'eu ?

« Quand vous voulez nous faire venir à vous, nous vous objectons une source dont vous vous faites gloire de descendre*. Vous nous répondez que votre religion est nouvelle, mais qu'elle est divine; et vous le prouvez parce qu'elle s'est accrue par la persécution des païens et par le sang de vos martyrs : mais aujourd'hui vous prenez le rôle des Dioclétien, et vous nous faites prendre le vôtre.

« Nous vous conjurons, non pas par le Dieu puissant que nous servons vous et nous, mais par le Christ que vous nous dites avoir pris la condition humaine pour vous proposer des exemples que vous puissiez suivre; nous vous conjurons d'agir avec nous comme il agirait lui-même s'il était encore sur la terre. Vous voulez que nous soyons chrétiens, et vous ne voulez pas l'être*.

(( Mais, si vous ne voulez pas être chrétiens, soyez au moins des hommes : traitez-nous comme vous feriez, si, n'ayant que ces faibles lueurs de justice que la nature nous donne, vous n'aviez point une religion pour vous conduire, et une révélation pour vous éclairer.

« Si le ciel vous a assez aimés pour vous faire voir la vérité, il vous a fait une grande grâce : mais est-ce aux enfants qui ont eu l'héritage de leur père de haïr ceux qui ne l'ont pas eu?

(( Que si vous avez cette vérité, ne nous la cachez pas par la manière dont vous nous la proposez. Le caractère de la vérité, c'est son triomphe sur les cœurs et le esprits, et non pas cette impuissance que vous avoue? lorsque vous voulez la faire recevoir par des supplices.

« Si vous êtes raisonnables, vous ne devez pas no faire mourir, parce que nous ne voulons pas vous tronip< Si votre Christ est le fils de Dieu, nous espérons qu'il ne récompensera de n'avoir pas voulu profaner ses myslèr

/. Abraham et Jacob. — - 2. La douceur csV\aLNCT\.\xt\vc<A:\co?

LES DEVOIRS DE L'ÉTAT. i45

ei nous croyons que le Dieu que nous servons vous et nous, ne nous punira pas de ce que nous avons souffert la mort pour une religion qu'il nous a autrefois donnée, parce que nous croyons qu'il nous l'a encore donnée.

« Vous vivez dans un siècle où la lumière naturelle est plus vive qu'elle n'a jamais été, où la philosophie a éclairé les esprits*, où la morale de votre Évangile a été plus connue, où les droits respectifs des honnnes les uns sur les autres, l'empire qu'une conscience a sur une autre conscience, sont mieux étahlis. Si donc vous ne revenez pas de vos anciens préjugés, qui, si vous n'y prenez garde, sont vos passions, il faut avouer que vous êtes incorrigibles, incapables de toute lumière et de toute instruction ; et une nation est bien malheureuse, qui donne de l'autorité à des hommes tels que vous.

(( Voulez-vous que nous vous disions naïvement notre pensée? Vous nous regardez plutôt comme vos ennemis que comme les ennemis de votre religion : car, si vous aimiez votre religion, vous ne la laisseriez pas corrompre par une ignorance grossière.

(( Il faut que nous vous avertissions d'une chose : c'est que, si quelqu'un dans la postérité ose jamais dire que dans le siècle où nous vivons les peuples d'Europe étaient policés, on vous citera pour prouver qu'ils étaient barbares ; et l'idée que l'on aura de vous sera telle, qu'elle flétrira votre siècle, et portera la haine sur tous vos contemporains. » (Livre XXV, chap. xni.)

DE l'esclavage DES NÈGRES

Si j'avais à soutenir le droit que nous avons eu de rendre les nègres esclaves, voici ce que je dirais : Les peuples d'Europe ayant exterminé ceux d«i IkvNN»-

/. Cf. \onaire. Siècle de LouU XV ', \c\, v«^\^e %>, ^<>>^^ ^^•

rique, ils ont dû mettre en esclavage ceux de l'Afrique, pour s'en servir à défricher tant de terres.

Le sucre serait trop cher, si Ton ne faisait travailler la plante qui le produit par des esclaves.

Ceux dont il s'agit sont noirs depuis les pieds jusqu'à la tète ; et ils ont le nez si écrasé, qu'il est presque impossible de les plaindre.

On ne peut se mettre dans l'esprit que Dieu, qui est un être très sage, ait mis une âme, surtout une âme bonne, dans un corps tout noir....

On peut juger de la couleur de la peau par celle des cheveux, qui, chez les Égyptiens, les meilleurs philosophes du monde, était d'une si grande conséquence, qu'ils faisaient mourir tous les hommes roux qui leur tombaient entre les mains*.

Une preuve que les nègres n'ont pas le sens commun, c'est qu'ils font plus de cas d'un collier de verre que de l'or, (jui, chez des nations pohcées, est d'une si grande conséquence.

11 est impossible que nous supposions que ces gens-là soient des honnnes, parce (|ue, si nous les supposions des hommes, on commencerait à croire que nous ne sonnnes pas nous-mêmes chrétiens.

De petits esprits exagèrent trop l'injustice que l'on fait aux Africains : car, si elle était telle qu'ils le disent, ne serait-il pas venu dans la tète des princes d'Europe, qui font entre eux tant de conventions inutiles, d'en faire une générale en faveur de la miséricorde et de la pitié*?

(Livre XV, chap. v.)

1. C<> (h'tail se trouve dnns p. 95) «des plaisanteries de rohin» Diodore de Sicile, 1, 88, comme et * qui sentent la province ». uïo le rommuni((ue M. Maspero. Mais il était difflcile à Nontcs(|uiou

2. 11 va de soi que tout cela est d'attaquer ouvertement, à grand

ironiciue, d'une ironie qui semble renfort d'€*lo<iuence, l'esclavage

/Ktrfois un }H'u lourde, el dont I des nègres. Le clergé de ton

quriqnvs //'.i/fs ont paru à M. Uru- \ \eu\v^, Xïïl sot\(ïYt \»Mt entièra

notivre {Quesiiom de tri^ique, \ VaiCcevVa\eiA\ \^ x^^^M^fe X^af

LES DEYOmS DE L'ÉTAT.

DES NATIONS CUEZ LESQUELLES LA LIBERTE CIVILE EST GÉNÉRALEMENT ÉTABLIE*

On entend dire tous les jours qu'il serait bon que parmi nous il y eût des esclaves*.

Mais pour bien juger de ceci, il ne faut pas examiner s'ils seraient utiles à la petite partie riche et voluptueuse de chaque nation : sans doute qu'ils lui seraient utiles; mais, prenant un autre point de vue, je ne crois pas qu'aucun de ceux qui la composent voulût tirer au sort pour savoir qui devrait former la partie de la nation qui serait libre, et celle qui serait esclave. Ceux qui parlent le plus pour l'esclavage l'auraient le plus en horreur, et les hommes les plus misérables en auraient horreur de même. Le cri pour l'esclavage est donc le cri du luxe et

rouragoait (cf. p. 147, n. 2) : elle anoblissait ceux des armateursnégriers qui faisaient fortune.

Quand Montesquieu écrivait : « Le sucre serait trop cher », etc., il ne faisait que répéter des paroles réellement prononcées. Quelcjues années plus tard, Choiseul écrivait aux Chambres de Commerce :

« La traite des noirs mérite plus de protection que toute autre, puisqu'elle est le premier mobile des cultures ». Et un intendant, écrivant au roi pour solliciter des lettres de noblesse en faveur d'un néf,'ociant, écrivait qu'il les méritait « en pratiquant la traite des nèffres, aussi avantageuse à nos colonies qu'à eux-mêmes ». Histoire de Éordeatix^ p. 531.

1 , Ce chapitre a été ajouté après 1748, et c'est sans doute h la suite de quelque écrit sur la question.

2. Il ne faut pas oublier que, même à la veille de la Révolution, les colonies françaises de l'Anié-rique étaient exploitées par dos esclaves noirs, achetés en Cuiaée et au Dahomey. Beaucoup

d'armateurs français, dans les ports de l'Ouest, durent leur forlune, sous Louis XV et Louis XVI, les uns au trafic, les autres au travail des nègres. Quand les philosophes parlaient de supprimer l'esclavage, les économistes protestaient au nom des intérêts des colonies, du commerce et de l'armement. Un jour, un ministre de Louis XVI démentit en ces termes le bruit qui avait couru de l'abolition de l'esclavage : « Des gens malintentionnés ont répandu, dans les différents ports du royaume,

aue le gouvernement projetait de onner la liberté aux nègres. Une pareille nouvelle n'a pu exciter que le mépris pour ceux qui en sont les auteurs. Je devais vous en informer afin que, si quelque esprit faible en avait conçu de l'intiuiétude, vous puissiez le dissuader. Les négociants n'ont à attendre du roi que des a(!tes de bienfaisance et de nouvelles marques do. sotv îkVVfcwWviw \>«>\v VnvX co qui pevvV. eoTvVtWwev ^i. Vy V^^*-

de la volupté, et non pas celui de l'amour de la félicité publique. Qui peut douter que chaque homme, en particulier, ne fût très content d'être le maître des biens, de l'honneur et de la vie des autres ; et que toutes ses passions ne se réveillassent d'abord à cette idée? Dans ces choses, voulez-vous savoir si les désirs de chacun sont légitimes? examinez les désirs de tous.

(Livre XV, chap. ix.)

Page 1