En Asie Mineure
7. Les Grecs étaient assemblés dans l'isthme de Corinlhe, et ils avaient arrêté par \\\\ décret qu'ils se joindraient à Alexandre pour faire la guerre aux Perses.
Alexandre fut nommé chef de l'expédilvotv. & N. q^\\o\ Ww coiubatlre les Uessètvveus, \«s» kcc^
ALEXANDRE
Un Empire cultivé par la nation du monde la plus industrieuse, et qui travaillait les terres par principe de religion, fertile et abondant en toutes choses, donnait à un ennemi toutes sortes de facilités pour y subsister*.
On pouvait juger, par l'orgueil de ces rois, toujours vainement mortifiés par leurs défaites, qu'ils précipiteraient leur chute en donnant toujours des batailles, et que la flatterie ne permettrait jamais qu'ils pussent douter de leur grandeur*.
Et non seulement le projet était sage, mais il fut sagement exécuté. Alexandre, dans la rapidité de ses actions, dans le feu de ses passions' même, avait, si j'ose me servir de ce terme, une saillie de raison qui le conduisait*, et que ceux qui ont voulu faire un roman de son histoire*, et qui avaient l'esprit plus gâté que lui, n'ont pu nous déiober. Parlons-en tout à notre aise.
(Livre X, chap. xiii.)
(liens, les Argiens ? * avait dit jadis Aristagoras de Milet (Hérodote, V, xLix), « ces peuples n'ont ni or ni argent. Enlevez donc Siise, où le Grand Roi entasse ses trésors. Vous pourrez alors vous vanter de le disputer en opulence à Zeus même ».
1. Li Médie et la Perse étaient fort riches en mines et en cultures. La richesse de la Chaldée et la fertilité de l'Egypte étaient plus grandes encore. En Perse, le travail de la terre était la première loi religieuse : « C'est im saint », disait le livre sacré, « celui qui s'est construit ici-bas une maison dans laquelle il entrelient le feu du foyer, sa femme, ses enfants et de bons troupeaux.
Olui qui fait produire du blé à la terre, celui qui cultive les fruits des champs, celui-là cultive la pureté : il avance la loi d'Aoura-
mazdâ autant que s'il offrait cent sacrilices ».
2. .\prôs sa défaite du Granique, Darius, « confiant dans la niulli tude de ses troupes, encouragé par un songe que les images inter-
f)rétaient à son avantage », livre a bataille d'Issus.
5. A la bataille du Granique, Alexandre se jette au milieu des Perses, « emporté par la colère nlutôt que |)ar la raison », dit Plutarque, Alexandre, XVI.
•i. C'est ainsi qu'après le Granique, au lieu de poursuivre b's Perses, il s'assura la possession de toute l'Asie antérieure; de même après Issus, il alla occuper la Syrie et l'Egypte.
5.* Montesquieu pense-t-il h Quinte-Curce (qu'on mésestimait à tort) ou aux romanciers qui ont écrit, au mo\e\\ •îi^^'fe v'\. \^>\s\ax^^ \\u Homttu tt \\eiimÙT«^.
ALEXANDRE
Il ne partit qu'après avoir assuré la Macédoine contre les peuples barbares qui en étaient voisins et achevé d'accabler les Grecs; il ne se servit de cet accablement que pour l'exécution de son entreprise ; il rendit impuissante la jalousie des Lacédémoniens ; il attaqua les provinces maritimes ; il fit suivre à son armée de terre les côtes delà mer, pour n'être point séparé de sa flotte; il se servit admirablement bien de la discipline contre le nombre; il ne manqua point de subsistances; et s'il est vrai que la victoire lui donna tout, il fit aussi tout pour se procurer la victoire.
Dans le commencement de son entreprise, c'est-à-dire dans un temps où un échec pouvait le renverser, il mit peu de chose au hasard : quand la fortune le mit audessus des événements, la témérité fut quelquefois un de ses moyens. Lorsque avant son départ il marche contre les Triballions et les Illyriens*, vous voyez une guerre comme celle que César fit depuis dans les Gaules'. Lorsqu'il est de retour dans la Grèce*, c'est comme malgré lui qu'il prend et détruit Thèbes : campé auprès de leur ville, il attend que les Thébains veuillent faire la paix;
1. Texte primitif du début de ce chapitre : « Alexandre fit une l^rande conquête. Voyons comment ]| se conduisit. On a'assez parlé de sa valeur, parlons de sa prudence.
« Les mesures qu'il prit furent justes. 11 ne partit qu'après avoir achevé, etc.... entreprise; il ne laissa rien derrière lui contre lui.
11 attaqua, etc.... victoire.
« Voici comme il lit ses conquêtes ; il faut voir comme il les conserva. » Tout ce développement a beaucoup gaf^né en ampleur.
^. Voyez Arrien, de Expedi- /M/ie A/exandriy lib. L j
3. Montesquieu veut dire par là qu'Alexandre fit celte guerre, qui était contre des Barbares, avec la même tactique puissante et serrée dont César usa contre la Gaule.