‹ Extraits de l'esprit des lois et des œuvres diversesChapitre 175 sur 324 · EFFET DU SERMENT CUEZ UN PEUPLE VERTUEUX · texte numérisé non relu

EFFET DU SERMENT CUEZ UN PEUPLE VERTUEUX

il n'y a point eu de peuple, dit Tite-Live*, où la dissolution se soit plus tard introduite que chez les Romains, et où la modération et la pauvreté aient été plus longtemps honorées.

Le sernuMit (Mit tant de force chez ce peuple, que rien no rattacha i>!ns aux lois. Il lit hien des fois, pour robsorvor, ce qu'il n'aurait jamais fait pour la gloire ni l)Our ta [)atrio5.

(juintins Cânrinnatns, consul, ayant voulu lever une année dans la ville contre les Kcjues et les Volsques, les tribuns s'y opposèrent. « Eh hien ! » dit-il, « que tous ceux qui ont fait serment au consul de l'année précédente marchent sous mes enseignes*. » En vain les

1. Nous donnons ici. «mi particulier, un très lonj; développenwnt sur l'histoire intérieur** et la constitution de Uouie (ici, pn^^es ir>o et suiv.), développement qui seuilih* lii«Mi avoir fté écrit par Montcs(|iii<'U pour compléter les Considérations, et <jui les complète en ell'el. ('/est un morceau écrit tout d'une suite, entièrement aciu'vé. ri «pii narail un peu isolé //'//;>• l'Esprii (les Lois. ± IJvro I.J — /Wface : KuUn f///fj/ia/'t trsjjitùliiu itec major ncc

snnciior nec bonisexcmplis ililior fuit, nec in quant tamseroavnritia luxuriaque immiifraverint^ nrc ubi iantus ac tam diu jMuperlali ac pnrsimoniae honos fnerit.

o. Ci". Considérations^ p. 8 et 102.

i. Tite-Live. livre III.] — Cli. x\.

« Ci'est t\\\\\ cette époque», ajoute riiistorien latin, « Rome n était pas néjîlipente de ses sernienls.ce qui est la maladie du notri> >if'cle -. chacun n'accomniodaiî pa^à i st*s beso'xusWsWvà «iVVvfS» "sAirUlOUtS

LE PEUPLE ROMAIN

tribuns s*écriérent-ils qu'on n'était plus lié par ce serment, que, quand on l'avait fait, Quinlius était un homme privé. Le peuple fut plus religieux que ceux qui se mêlaient de le conduire ; il n'écouta ni les distinctions ni les interprétations des tribuns.

Lorsque le même peuple voulut se retirer sur le Mont- Sacré, il se sentit retenir par le serment qu'il avait fait aux consuls de les suivre à la guerre *. Il forma le dessein de les luer : on lui fit entendre que le serment n'en subsisterait pas moins. On peut juger de l'idée qu'il avait de la violation du serment, par le crime qu'il voulait commettre.

Après la bataille de Cannes, le peuple, effrayé, voulut se retirer en Sicile; Scipion lui fit jurer qu'il resterait à Rome : la crainte de violer leur serment surmonta toute autre crainte*. Rome était un vaisseau tenu par deux ancres dans la tempête : la religion et les mœurs '.

(Livre YIIl, chap. xin.)

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