‹ Extraits de l'esprit des lois et des œuvres diversesChapitre 189 sur 324 · Etran{(c expression · texte numérisé non relu

Etran{(c expression

i. Sécession de la plèbe et établissement du tribunal en 494.

3. Ici Montesquieu néglige Timportance extrême que la législation des décemvirs (les lois des l}ou%e Ta6/e«) aeue dans l'histoire intérieure de Rome : « L'œuvre (les législateurs, préalablement exposée au forum, discutée librement par tous les citoyens, fut ensuite acceptée par les comices ctnluriales, c'est-à-dire par rassemblée où lesdeuxOrdres étaient confondus. Il y avait en cela une innovation grave. Adoptée par toutes les classes, la même loi s'appliqua désormais à toutes. On DO trouve paSf Jaus ce qui nous

reste de ce code, un seul mot qui implique une inégalité entre le

{)lebéien et le patricien, soit pour e droit de propriété, soit pour les contrats et les obligations, soit pour la procédure. A partir de ce moment, le plébéien comparut devant le même tribunal que le patricien, agit comme lui, fut jugé d'après la môme loi que lui.

Or il ne pouvait pas se faire de révolution plus radicale; les habitudes de chaque jour, les mœurs, les scn liments de l'homme envers l'homme, l'idée de la dignité personnelle, le ^rincltjfe du drovl, VowV. ?.& \.\ç>\\nvi «âwwviçMi dans Kome ». La CUé aw.V\<vu*.,

LESPKIT DES LOIS.

par conturics, il était composé de sénateurs', de patriciens et do plébéiens. Dans les disputes, les plébéiens gagnèn'nl ce point que seuls, sans les patriciens et sans le sénat, ils pourraient faire des lois qu'on appela plébiscites*; et les comices où on les fit s'appelèrent comices par tribus. Ainsi il y eut des cas où les patriciens n'eurent point de part à la puissance législative', et où ils furent soumis à la puissance législative d'un autre corps de l'État*. Ce fut un délire de la liberté^. Le peuple, pour établir la démocratie, choqua les principes mêmes de la démocratie. Il semblait qu'une puissance aussi exorbitante aurait <lù anéantir l'autorité du sénat : mais Rome avait des institutions admirables. Elle en avait deux surtout : par fune, la puissance législative du peuple était réglée; par l'aufre, elle était bornée.

Les censeiu's, et avant eux les consuls*, formaient et créaient, pour ainsi dire, tous les cinq ans, le corps du ponj^le; ils exerçaient la législation sur le corps mènw (jui avait la puissance législative. « Tiberius Gracchus. censiMU' )), dit Cicéron, « transféra les affranchis dans l(*> tribus (le la ville, non par la force de son éloquemv,

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