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puissance législalive^ : mais cela ne suffisait pas pour contre-balancer le peuple. 11 fallait qu*il eût part à la puissance de juger; et il y avait part lorsque les juges étaient choisis parmi les sénateurs. Quand les Gracques privèrent les sénateurs de la puissance de juger*, le sénat ne put plus résister au peuple. Us choquèrent donc la liberté de la constitution, pour favoriser la liberté du citoyen ; mais celle-ci se perdit avec celle-là.
11 en résulta des maux infmis. On changea la constitution dans un temps où, dans le feu des discordes civiles, il y avait à peine une constitution. Les chevaliers ne furent plus cet ordre moyen qui unissait le peuple au sénat; et la chaîne de la constitution fut rompue*.
11 y avait même des raisons particulières qui devaient empêcher de transporter les jugements aux chevaliers. La constitution de Rome était fondée sur ce principe, (juc ceux-là devaient être soldats qui avaient assez de bien pour répondre de leur conduite à la république. Les chevaliers, connue les plus riches, formaient la cavalerie des h'gions. Lorsque leur dignité fut augmentée, ils ne voulurent plus servir dans celte milice; il fallut lever une autre cavalerie* : Mariusprit toute sorte de gens dans les légions, et la république fut perdue î^.
De plus, les chevaliers étaient les traitants de la républifiue^; ils étaient avides, ils semaient les nialheui*s dans les malheiu's, et faisaient naître les besoins publics des besoins publics. Bien loin de donner à de telles gens
i. Les sénatns-consultes avaient force pendant un an, quoiqu'ils ne fussent pas confirmés par le peuple. (Denys d'IIalicarunsso. liv.
iX, p. 595; et liv. XI, p. 755.)] — XI. i.iv (le texte ne dit pas cela tout à fait); IX, xxxvn (plus explicite).
± En l'an 650.] — De Rome.
J. Tout cela est très bien vu ol adiinrnhloiiwnl dit. \ \ra\VaivV*. \v>\\\o\\vs v^t^«^ ^iU
4' A partir de Harius, la cava-\claicu\.\es\A\»Tvç.\\*i"à,
lerie n'est guère plus composée que d'auxiliaires étrangers, et 1 infanterie (c'est-à-dire les léj;ions) de citoyens misérables.
5. Caniie censos pli'f^tsque (Sallustc. (tuerrc de Jiujiirtha.V — Cf. Quisidératiomt, p.'OC>.
6. C'était narmi eux qu'étaient pris les puhlicains^ ou fermiers des im\u>ts \iublics. Ils étaient i«s
LE PEUPLE ROMAIN
la puissance de juger, il aurait fallu qu'ils eussent été sans cesse sous les yeux des juges. Il faut dire cela à la louange des anciennes lois françaises : elles ont stipulé, avec les gens d'affaires, avec la méfiance que l'on garde à des ennemis*. Lorsqu'à Rome les jugements furent transportés aux traitants, il n'y eut plus de vertu, plus de police, plus de lois, plus de magistrature, plus de magistrats*.
On trouve une peinture bien naïve de ceci dans quelques fragments de Diodore de Sicile et de Dion. « Mutins Scevola », dit Diodore', « voulut rappeler les anciennes mœurs, et vivre de son bien propre avec frugalité et intégrité. Car ses prédécesseurs ayant fait une société avec les traitants, qui avaient pour lors les jugements à Rome, ils avaient rempli la province de toutes sortes de crimes. Mais Scevola fit justice des publicains, et fit mener en prison ceux qui y traînaient les autres. »
Dion nous dit* que Publius Rutilius, son lieutenant, qui n'était pas moins odieux aux chevaliers, fut accusé, à son retour, d'avoir reçu des présents, et fut condamné à une amende. Il fit sur-le-champ cession de biens. Son