Cf. contre les traitants, XIII, xx
2. Les conséquences furent peut-être moins graves que ne le prétend Montesquieu (et il y a un peu, chez lui, la haine du parlementaire contre l'homme d'affaires). Belot {Histoire des chevaliers romainsj II, p. 197J répond à Montesquieu : « Mais la justice était-elle mieux rendue lorsque la judicature était le privilège d'une oligarchie de trois cents sénateurs ? Au contraire, jamais la vénalité des juges, jamais leur connivence avec les coupables puissants ne fut plus scandaleuse qu'avant le tribunat de C. Gracchus et après la dictature de Sylla [qui rendit h's jugements aux senateursj. Où pouvait-on mieux choi-
sir les jures que parmi les cheva-
liers romains, c'est-à-dire ])armi les citoyens de la première classe, assez nombreux pour n'être pas une coterie, assez riclies pour être indépendants, assez éclairés pour être justes ? »
3. Fragment de cet auteur, liv. XXXVl, dans le recueil de Constantin Porphyrogénète , des Vertus et des Vices.] — Sur ces Extraits, cf. Considérations, p. 201.
En 99, Q. Mucius Scevola, proconsul de la province d'Asie, se signala par la juste sévérité avec laquelle il traita les publicains qui pillaient le pays. Diodore, XXXVll, v.
4. Fragment de son Histoire, tiré de VExtrait des Vertus et des.
Vices. \ — \;\e\3A,<iwwwV «\Çi '^sînçîv^^ en 9" a\. l.-C.. Wxot^. v^as&vms.., ^^^,
innocence parut, en ce que l'on lui trouva beaucoup moins de bien qu'on ne l'accusait d'en avoir volé, et il montrait les titres de sa propriété. Il ne voulut plus rester dans la ville avec de telles gens.
« Les Italiens », dit encore DiodoreS « achetaient en Sicile des troupes d'esclaves pour labourer leurs champs et avoir soin de leurs troupeaux : ils leur refusaient la nourriture. Ces malheureux étaient obligés d'aller voler sur les grands chemins, armés de lances et de massues, couverts de peaux de bêtes, de grands chiens autour d'eux. Toute la province fut dévastée, et les gens du pays ne pouvaient dire avoir en propre que ce qui était dans l'enceinte des villes. Il n'y avait ni proconsul ni préteur qui pût ou voulut s'opposer à ce désordre, et qui osât punir ces esclaves, parce qu'ils appartenaient aux chevaliers, qui avaient à Rome les jugements*. » Ce fut pourtant une des causes de la guerre dos esclaves. Je ne dirai qu'un mot : une profession qui n'a ni ne peut avoir d'objet que le gain ; une profession qui demandait toujours, et à qui on ne demandait rien ; une profession sourde et inexorable, qui appauvrissait les richesses et la misère même, ne devait point avoir à Rome les jugements.
vm. — DU GOUVERNEMENT DES PROVINCES ROMAINES
C'est ainsi que les trois pouvoirs furent distribués dans la ville; mais il s'en faut bien qu'ils le fussent de même dans les provinces. La liberté était dans le centre, et la tvrannie aux extrémités.
Pendant que Rome ne domina que dans l'Italie, les peuples furent gouvernés comme dos confédérés : on suivait les lois de chaque républitiuo. Mais lorsqu'elle con-
1. Frafïmenl du livre XXXIV, dan- V Est mil des Vertus et des r/n,s:]— XXXIY, i, 52 dI 55
salèrent sorti tu judiees eliiji in causa praetorum et provonsulum^ qi(i7>Ms, |K»«< administratam imt-
mL a/g/te ex eatiestri ordine \ v\ucV\ott Olu \ttx\tt y^v^c. '\^^\S\Q\^t^,
LE PEUPLE ROMAIN
qnil plus loin, que le sénat n'eut pas immédiatement l'œil sur les provinces, que les magistrats qui étaient à Rome ne purent plus gouverner l'Empire, il fallut envoyer des préteurs et des proconsuls. Pour lors, cette harmonie des trois pouvoirs ne fut plus. Ceux qu'on envoyait avaient une puissance qui réunissait celle de toutes les magistratures romaines : que dis-je? celle même du sénat, celle même du peuple*. C'étaient des magistrats despotiques, qui convenaient beaucoup à l'éloignement des lieux où ils étaient envoyés. Ils exerçaient les trois pouvoirs; \h étaient, si j'ose me servir de ce terme, les bâchas de la république*.
Nous avons dit ailleurs' que les mêmes citoyens, dans la république, avaient, par la nature des choses, les emplois civils et militaires. Cela fait qu'une république qui conquiert ne peut guère communiquer son gouvernement, et régir l'État conquis selon la forme de sa constitution. En effet, le magistrat qu'elle envoie pour gouverner, ayant la puissance exécutrice civile et militaire, il faut bien qu'il ait aussi la puissance législative : car qui est-ce qui ferait des lois sans lui? 11 faut aussi qu'il ait la puissance de juger : car qui est-ce qui jugerait indépendamment de lui? Il faut donc que le gouverneur qu'elle envoie ait les trois pouvoirs, comme cela fut dans les provinces romaines*....
C'était un privilège d'une grande conséquence pour un