Amérique anf,^laise
A. L'Irlaïule. Les .jurisconsultes
aiigUm reg^nrdaient l'Irlande com-
luc une colonie, dépendaul de \a
LE PEUPLE ANGLAIS
en possession d'un grand commerce, aurait toutes sortes de facilités pour avoir des forces de mer; et comme la conservation de sa liberté demanderait qu'elle n'eût ni places, ni forteresses, ni armées de terre, elle aurait besoin d'une armée de mer qui la garantît des invasions ; et sa marine serait supérieure à celle de toutes les autres puissances, qui, ayant besoin d'employer leurs finances pour la guerre de terre, n'en auraient plus assez pcmr la guerre de mer*.
L'empire de la mer a toujours donné aux peuples qui Font possédé une fierté naturelle, parce que, se sentant capables d'insulter partout, ils croient que leur pouvoir n'a pas plus de bornes que l'Océan*.
Cette nation pourrait avoir une grande influence dans les affaires de ses voisins. Car, comme elle n'emploierait pas sa puissance à conquérir, on rechercherait plus son amitié, et l'on craindrait plus sa haine que l'inconstance de son gouvernement et son agitation intérieure ne sembleraient le permettre'.
Ainsi, ce serait le destin de la puissance exécutrice d'être presque toujours inquiétée au dedans, et respectée au dehors*.
S'il arrivait que cette nation devînt en quelques occasions le centre des négociations de l'Europe, elle y porterait un peu plus de probité et de bonne foi que les autres, parce que ses ministres étant souvent obligés de justifier leur conduite devant un conseil populaire, leurs négociations ne pourraient être secrètes, et ils seraient forcés d'être, à cet égard, un peu plus honnêtes gens"*.
De plus, comme ils seraient en quelque façon garants
i. Toujours très vrai.
2. Montesquieu songe aux Phéniciens, aux Vénitiens et aux Barbaresques.
3. Rôle prépondérant de l'Aneleterre dêas les guerres contre Louis XIV.
4. Tout-puissant au deliors, le ministère anglais est toujours menacé au dedans; voyez Godolphin sous la reine Anne et Wal|}ole aa xvni' s\èc\e. TowV ceX^ ^sV la^^mwv blemenl \Ta\ eV \e v^vi\\\<i>\t*i«