‹ Extraits de l'esprit des lois et des œuvres diversesChapitre 235 sur 324 · DE L*EXGELLENCE DES LOIS DANS LA MONARCHIE FRANÇAISE · texte numérisé non relu

DE L*EXGELLENCE DES LOIS DANS LA MONARCHIE FRANÇAISE

Les monarchies que nous connaissons n*ont pas, comme celle dont nous venons de parler*, la liberté pour leur objet direct; elles ne tendent qu'à la gloire des citoyens, de TËtat et du prince. Mais de cette gloire il j résulte un esprit de liberté qui, dans ces États, peut faire ^ d'aussi grandes choses, et peut-être contribuer autant au bonheur que la liberté même.

(Livre XI, chap. vu, fragm.)

Voici comment se forma le premier plan des monarchies que nous connaissons. Les nations germaniques qu\ conquirent rEmpire romain étaient, comme Ton sait, très libres. On n'a qu'à voir là-dessus Tacite sur lesMcnirsdes Germains, Les conquérants se répandirent dans le pays; ils habitaient les campagnes, et peu les villes'. Quand ils étaient en Germanie, toute la nation pouvait s'assembler. Lorsqu'ils furent dispersés dans la conquête, ils ne le purent plus. Il fallait pourtant que la nation délibérât sur ses affaires, comme elle avait fait avant la conquête : elle le fit par des représentants*. Voilà l'origine du gouvernement gothique parmi nous. Il fut d'abord mêlé de l'aristocratic et de la monarchie. Il avait cet inconvénient que le bas peuple y était esclave : c'était un bon gouvernement qui avait en soi la capacité de devenir meilleur. La coutume vint d'accorder des lettres d'affranchissement;

1. Tout ceci peut servir de rénonso à ceux qui prétendent que Montesquieu a pro|)OS«'' à la France l'Angleterre comme modèle.

2. L'Angleterre; ce passage fait suite à celui que notis avons imprimé pag<» 1*J3.

.'5. Cela n'est pokit certain.

/. MonU'sqiiU'ii regarde les as-

représonlalivcs, et pour ainsi dire W prototype des Etats Généraux.

Kt l)(>aucoiii> jusqu'au milieu de et; «ècle ont (lit et |>ens«^ comme hii.

Il Tant lire la réfutation qu« Fustel deOouIangesa faite de cette tlK'oric {la Monarchie frangae, cil. 111) : il n'y eut pas, s«»»s l«*s MévovinKiens, d'asstMnblt't^s du

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et bientôt la liberté civile du peuple, les prérogatives de la noblesse et du clergé, la puissance des rois, se trouvèrent dans un tel concert, que je ne crois pas qu'il y ait eu sur la terre de gouvernement si bien tenipéré que le fut celui de chaque partie de l'Europe dans le temps qu'il y subsista*. Et il est admirable que la corruption du gouvernement d'un peuple conquérant ait formé la meilleure espèce de gouvernement que les hommes aient pu imaginer. (Livre XI, chap. vui, fragm.)

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