Ovide, Métamorphoses j livro II
2. Paru en 173i, en 3 vol. in-4*, à Paris, sous le titre Ilistoire critique de rétablissement^ etc.
Duhos (^lail aJors secrétaire per
est mort en 1742. Montesquiou pensait de son livre beaucoup de ma] fp. 37, n. 7), et il avait torl.
Le livre de Dubos, en dépit de l'exagéraUou ôi^ \^ Vçfesç^^«sftX.\v^ des ^\us pètv(iVc«LTv\& Q^^\ ^\«^'ç^^^^tNi.
péiuel de l'Académie française ; il \ sur W Vêtais ^^ \"vbn^n»^«
pas d'imaginer qu'on n'ait rien trouvé : la longueur du voyage fait croire qu'on est enfin arrivé.
Mais, quand on examine bien, on trouve un colosse immense qui a des pieds d'argile ; et c'est parce que les pieds sont d'argile que le colosse est immense. Si le système de M. l'abbé Dubos avait eu de bons fondements, il n'aurait pas été obligé de faire trois mortels volumes pour le prouver : il aurait tout trouvé dans son sujet, et sans aller chercher de toutes parts ce qui en était très loin. La raison elle-même se serait chargée déplacer cette vérité dans la chaîne des autres vérités. L'histoire et nos lois lui auraient dit : Ne prenez point tant de peine : nous rendrons témoignage de vous*.
M. l'abbé Dubos veut ôler toute espèce d'idée que les Francs soient entrés dans les Gaules en conquérants : selon lui, nos rois, appelés par les peuples, n'ont fait que se mettre à la place et succéder aux droits des empereurs romains.
Celle prétention ne peul pas s'appliquer au temps où Clovis, entranl dans les Gaules, saccagea et prit les villes; elle ne peut pas s'appliquer non plus au temps où il défit Syagrius, officier romain, et conquit le pays qu'il tenait*: elle ne peut donc se rapporter qu'à celui où Clovis, devenu maître d'une grande partie des Gaules par la violence, aurait été appelé, par le choix et l'amour des peuples, à la domination du reste du pays. Et il ne suffit
1. Montesquieu oubliait que. de son temps, la croyance à la con-
auèle dtait article de foi, enscif^nr ans les écoles, dévelopné dans les salons et propapfé par les nouvellistes. On faisait, dit Dubos, « un tableau de IVlablissement de notre monarcliie à peu près semblable à celui que des relations nous font de l'invasion de
autant de science que de coura^.
2. Syagrius était officier romain, mais (sous le titre de roi des Romains) à peu près aussi indépendant de l'Empire romain que Clovis lui-même. Et, d'autre part, il n'est pas certain que Clovis, comme tant de rois barbares, n'ait pas pris ou reçu, dès son avènement, le titre d'une fonction ro-
A7 Grôce par les Turcs. » Il fa\-\u\îvu\vi.No>iei^\3isV<;\^ç>.Coulange«, Ja/t, pour combattre ce préjugé, \ T Invasion geTmau\q>w.,V.>8fc.
pas que Clovis ait été reçu, il faut qu'il ait été appelé; il faut que M. l'abbé Dubos prouve que les peuples ont mieux aimé vivre sous la domination de Clovis, que de vivre sons la domination des Romains ou sous leurs propres lois. Or, les Romains de cette partie des Gaules qui n'avait point encore été envahie par les Barbares étaient, selon M. l'abbé Dubos, de deux sortes : les uns étaient de la confédération armorique, et avaient chassé les officiers de l'empereur pour se défendre eux-mêmes contre les Barbares, et se gouverner par leurs propres lois; les autres obéissaient aux officiers romains. Or, M. l'abbé Dubos prouve-t-il que les Romains, qui étaient encore soumis à l'Empire, aient appelé Clovis? point du tout. Prouve-t-il que la république des Armoriques ait appelé Clovis, et fait même quelque traité avec lui? point du tout encore. Bien loin qu'il puisse nous dire quelle fut la destinée de cette république, il n'en saurait pas même montrer l'existence; et quoiqu'il la suive depuis le temps d'Honorius jusqu'à la conquête de Clovis, quoiqu'il y rapporte avec un art admirable tous les événements de ces temps-là, elle est restée invisible dans les auteurs*. Car il y a bien de la différence entre prouver par un passage de Zosime* que, sous l'empire d'Honorius, la contrée armorique' et les autres provinces des Gaules se révoltèrent et formèrent une espèce de république*, et faire voir que, malgré les diverses pacifications des Gaules, les Armoriques formèrent toujours une république
1. C'est là en effet le point faible de la théorie de Dubos. La prétendue confédération armoricaine est connue seulement par un texte de Zosimc (VI, 5), à la date de 409, un texte de Rutilius à la date de il 7 (1, V. 213). Dubos ne parvient ù suivre son histoire jusque sous Clovis qu a la condition a'y rattaclier la révolte des Bagaudes du milieu du v* siècle (d^près Salvjen), et l'histoire de ces 'AçSoçû/oi
qui (suivant Procope, I, xii) s'unirent à Clovis. Hais il est douteux qu'il y ait un lien entre ces différents faits.