Histoire^ livre VI
3. Ce mot désignait, dans la langue officielle, la région comprise entre l'Océan, la Seine et la Loire.
4. Toiuaque iracius armoricus, aliaeque Galliarum «rovùxcxïvç .
Zosxme, Hisio\Te,\vs.\\>,— '^v^
particulière qui subsista jusqu'à la conquête de QoTis. Cependant il aurait besoin, pour établir son système, de preuves bien fortes et bien précises : car quand on voit un conquérant entrer dans un État et en soumettre une grande partie par la force et par la violence, et qu'on voit, quelque temps après, l'État entier soumis sans que l'histoire dise comment il l'a été, on a un très juste siyel de croire que l'affaire a fini comme elle a commencé.
Ce point une fois manqué, il est aisé de voir que tout le système de M. l'abbé Dubos croule de fond en comble'; et toutes les fois qu'il tirera quelque conséquence de ce principe, que les Gaules n'ont pas été conquises par les Francs, mais que les Francs ont été appelés par les Romains, on pourra toujours la lui nier.
M. l'abbé Dubos prouve son principe par les dignités romaines dont Clovis fut revêtu : il veut que Clovis ait succédé à Childéric son père dans l'emploi de maître de la milice*. Mais ces deux charges sont purement de sa création'. La lettre de saint Rémi à Clovis, sur laquelle il se fonde*, n'est qu'une félicilation sur son avènement à la couronne. Quand l'objet d'un écrit est connu, pourquoi lui en donner un qui ne l'est pas?
Clovis, sur la fin de son règne, fut fait consul par l'empereur Anaslase^ : mais quel droit pouvait lui donner
1. Pas le moins du monde. II reste toujours à se demander si les populations ont regardé Clovis et si lui-môme s'est considéré comme un représentant ou un ennemi de Rome.
2. Childéric a été certainement fonctionnaire romain, indépendant en fait si l'on veut, mais se réclamant en droit de remperour.
Cf. Fustol de Coulantes, l Invasion germaniqm\ p. -470.
3. Dubos (II, p. 256) ne donne ce titre que comme une hypothèse.
Mais il a raison de dire qiiô « Clov\s.
des Francs Saliens, lui succéda encore à un emploi ou dignité autre que la royauté. Cet emploi était certainement une des dignités militaires de la Gaule. » La lettre de saint Rémi porte, en cflTet, administrationem bellicae^ et on a supposé, ces derniers temps, qu'il fallait lire Belgicae, et que Clovis était gouverneur de la province romaine de Belgique; cf. Fustel de Coulanges, p. 463.
i. Tome II, liv. UI, chap. xviu, page 270.]
après avoir succédé à la couronne \ Fraucorum,W,iav;\\\
une autorité simplement annale*? Il y a apparence, dit M. l'abbé Dubos, que, dans le même diplôme, l'empereur Anaslase fit Clovis proconsul*. El moi, je dirai qu'il y a apparence qu'il ne le fit pas. Sur un fait qui n'est fondé sur rien, l'autorité de celui qui le nie est égale à l'autorité de celui qui l'allègue. J'ai même une raison pour cela. Grégoire de Tours, qui parle du consulat, ne dit rien du proconsulat. Ce proconsulat n'aurait été même que d'environ six mois : Clovis mourut un an et demi après avoir été fait consul ; il n'est pas possible de faire du proconsulat une charge héréditaire'. Enfin, quand le consulat et, si l'on veut, le proconsulat lui furent donnés, il était déjà le maître de la monarchie, et tous ses droits étaient établis.
La seconde preuve que M. l'abbé Dubos allègue, c'est la cession, faite par l'empereur Justinien aux enfants et aux petits-enfants de Clovis, de tous les droits de l'Empire sur les Gaules*. J'aurais bien des choses à dire sur cette cession. On peut juger de l'importance que les rois des Francs y mirent, par la manière dont ils en exécutèrent les conditions. D'ailleurs, les rois des Francs étaient maîtres des Gaules; ils étaient souverains paisibles; Justinien n'y possédait pas un pouce de terre; l'Empire d'Occident était détruit depuis longtemps, et l'empereur d'Orient n'avait de droit sur les Gaules que comme représentant l'empereur d'Occident ^ : c'étaient des droits