De Moribus Germanorum
r/r/ uutfrn vencrc nmniui . \i'c »«vivi\
My wn. Tacite, Germanie, \Vk\\ 4. lbi(UMu.\— Ç2iivç.\>\\^V^W^,
un grand nombre d'amis. Ceux-ci reçoivent d'eux le cheval du combat et le javelot terrible. Les repas peu délicats, mais grands, sont une espèce de solde pour eux. Le prince ne soutient ses libéralités que par les guerres et les rapines. Vous leur persuaderiez bien moins de labourer la terre et d'attendre l'année, que d'appeler l'ennemi et de recevoir des blessures; ils n'acquerront pas par la sueur ce qu'ils peuvent obtenir par îe sang. »
Ainsi, chez les Germains, il y avait des vassaux, et non pas des fiefs. 11 n'y avait point de fiefs, parce que les princes n^avaient point de terres à donner; ou plutôt les fiefs étaient des chevaux de bataille, des armes, des repas. H y avait des vassaux, parce qu'il y avait des hommes fidèles qui étaient liés par leur parole, qui étaient engagés pour la guerre, et qui faisaient à peu près le même service que l'on fit depuis pour les fiefs*.
César* dit que, « quand un des princes déclarait à l'assemblée qu'il avait formé le projet de quelque expédition, et demandait qu'on le suivît, ceux qui approuvaient le
1. « Dans ces compagnons, dans ces présents que le chef leur fait, Montesquieu voit les vassaux et les fiefs; il eût dû se borner à les prévoir. » (GuïioU Essais sur l'histoire de France, 1832, p. 92.) On a beaucoup trop chicané Montes-
auieu sur cette théorie. Au fond, ne dit que ceci : il y avait chez les Germains des habitudes de fidélité, de subordination personnelle, d'obéissance d'homme à homme, qui, transportées en Gaule, seront les germes du vasselage. Fuslel de Coulantes, tout en faisant, dans cette institution, une part prépondérante aux traditions de la clientèle romaine, ne parle
f»as différemment de Montesquieu Origines, p. 29) : « Le comitattis germain contenait en soi certaines habitudes ^ui ont pu, ayant été autrefois puissantes et ayant
laissé leurs marques dans les âmes, passer en Gaule avec les envahisseurs. Dans la description de Tacite, il y a tout au moins quel-
aues traits qui se retrouveront ans la Gaule franque. C'est d'abord cette émulation et cette concurrence entre les chefs, à qui attachera le plus d'hommes à sa personne. C'est aussi cette propension du faible à chercher la firotection d'un plus fort en se ivrant à lui. C'est encore cetle conception d'esprit en vertu de laquelle l'homme vouait son obéissance à un autre homme, au lieu de la vouer à l'Etat ou au souverain : conception qui était opposée au principe romain, et que les guerres civiles ont ce^lavQft.tûfc\s^.
aéve\ot»pée. »