‹ Extraits de l'esprit des lois et des œuvres diversesChapitre 258 sur 324 · Paris renfermait en · texte numérisé non relu

Paris renfermait en

900 rues et 24000 maisons. « Il

fûtil considérer que dans sou

*^ tendue, qui est très grande, il no \ \o\\ôs VrH cWt. * Brice, ÙrMTijh sf rencontre .iiiciin espace i\\x\ uo \ lion de l*am, ^* fe^V.^ V\\V t^ soJi fort peuplé et eolièrement ^ v. \\.

rempli de maisons, où il se trouve souvent plusieurs familles en« semble. Dans les autres grandes villes, où chacun veut être logé en particulier, on ne voit rien de pareil ; ce qui fait aussi qu'il n'y a point de maisons à sept étages, comme autour du Palais proche du Grand Châteict, et aux environs des Hnlles, dans lesquelles les moindres espaces sont occupés et

a point de gens au monde qui tirent mieux parti de leur machine que les Français : ils courent, ils volent ; les voitures lentes d*Asie, le pas réglé de nos chameaux, les feraient tomber en syncope*. Pour moi, qui ne suis point fait à ce train, et qui vais souvent à pied sans changer d'allure, j*enrage quelquefois comme un chrétien : car encore, passe qu*on m*éclabousse depuis les pieds jusqu'à la tête; mais je ne puis pardonner les coups de coude que je reçois régulièrement et périodiquement. Un homme, qui vient après moi et qui me passe, me fait faire un demi-tour; et un autre, qui me croise de Tautre côté, me remet soudain où le premier m'avait pris ; et je n*ai pas fait cent pas, que je suis plus brisé que si j'avais fait dix lieues.... 1712». (Fragment de la lettre XXIV.)

PARIS AU TRAVAU,

Paris est peut-être la ville du monde la plus sensuelle, et où Ton raffine le plus sur les plaisirs; mais c'est peut-être celle où Ton mène une vie plus dure. Pour qu'un homme vive délicieusement, il faut que cent autres travaillent sans relâche. Une femme s'est mis dans la tête qu'elle devait paraître à une assemblée avec une certaine parure; il faut que dès ce moment cin-

1. Cf. Dufresny, Amusements sérieux et comiques^ lU : « Le chaos bruyant de la rue Saint- Honoré l'étourdit et l'épouvante [le Siamois; voyez ici, page 6], la tète lui tourne. Il voit une inliiiitô de machines différentes que les hommes font mouvoir : les uns sont dessus, les autres derrière : ceux-ci portent, ceux-là sont ftortés; l'un tire, l'autre pousse, 'im frappe, l'autre crie : celui-ci 'enfuit, l'autre court après. « J'ad

pace si étroit, tant de machines et tant d'animaux dont les mouvements sont opposés ou différents, soient ainsi agités sans se confondre. » Remarquez que Montesquieu emploie machine (de même ailleurs, Laboulaye, VII, p. 180) dans le sens de corps humain, et Dufresny dans le sens de véhicule.

2. Montesquieu met à la fin de chaque lettre la date à laquelle il la suppose écrite v*^^ «>«vv\ï^vïa».^

mire et je treiiiLie, » dit le Siae \ Ueivive eV\<i \o>m ^\^^f^^ mois, « J'admire que dans un e&-\ usvVè c\\fti Y^^k'^xis^a^^^^^^^***

qualité artisans ne dorment plus, et n'aient plus le loisir de boire et de manger : elle commande, et elle est obéie plus promptement que ne serait notre monarque, parce que rintérêt est le plus grand monarque de la terre.

Cette ardeur pour le travail, cette passion de s'enrichir, passe de condition en condition, depuis les artisans jusqu'aux grands. Personne n'aime à être plus pauvre que celui qu'il vient de voir immédiatement au-dessous de lui. Vous voyez à Paris un homme qui a de quoi vivre jusqu'au jour du jugement, qui travaille sans cesse, et court risque d'accourcir ses jours pour amasser, dit-il, de quoi vivre.... 1717. (Fragment de la lettre CYI.)

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