‹ Extraits de l'esprit des lois et des œuvres diversesChapitre 294 sur 324 · Expression famiUbre à Mon · texte numérisé non relu

Expression famiUbre à Mon

0('s par les anciens surtout on Ktliiopie. Cf. Strabon,XVI, xiv, 17; Hérodote, IV, clxxxiii; Pomponius Mêla, I, vni. C'est ù ces écrivains (\\\e Montesquieu emprunte les

icsquieu; cf. p. 255 et 256. \ délaWs au^ s\vvNftw\.,^^\V\ft\ira çu-

5, Les Troglodytes étaient pla- \ vomenVYé^e^^^vc^^.

LA eiTÉ IDÉALE : LES TROGLODYTES. 297

rement; mais ils conjurèrent contre lui, le tuèrent, et exterminèrent toute la famille royale*.

Le coup étant fait, ils s*assemblèrent pour choisir un gouvernement; et après bien des dissensions, ils créèrent des magistrats. Mais à peine les eurent-ils élus, qu'ils leur devinrent insupportables; et ils les massacrèrent encore*.

Ce peuple, libre de ce nouveau joug, ne consulta plus que son naturel sauvage. Tous les particuliers convinrent qu'ils n'obéiraient plus à personne, que chacun veillerait uniquement à ses intérêts, sans consulter ceux des autres^.

Celte résolution unanime flattait extrêmement tous les particuliers. Ils disaient : « Qu'ai-je affaire d'aller me tuer à travailler pour des gens dont je ne me soucie point? Je penserai uniquement à moi. Je vivrai heureux : que m'importe que les autres le soient? Je me procurerai tous mes besoins; et pourvu que je les aie, je ne me soucie point que tous les autres Troglodytes soient misérables. ))

On était dans le mois où l'on ensemence les terres; chacun dit : « Je ne labourerai mon champ que pour qu'il me fournisse le blé qu'il me faut pour me nourrir ; une plus grande quantité me serait inutile : je ne prendrai point de la peine pour rien. ))

Les terres de ce petit royaume n'étaient pas de même nature: il y en avait d'arides et de montagneuses; et d'autres qui, dans un terrain bas, étaient arrosées de plusieurs ruisseaux. Cette année la sécheresse fut très grande, de manière que les terres qui étaient dans les lieux élevés manquèrent absolument, tandis que celles qui purent être arrosées furent très fertiles : ainsi les peuples des montagnes périrent presque tous de faim par la dureté des autres, qui leur refusèrent de partager la récolte*.

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