‹ Extraits de l'esprit des lois et des œuvres diversesChapitre 306 sur 324 · Pape de 1585 à · texte numérisé non relu

Pape de 1585 à

i. Tournure habituelle en ce teiups-là.

M. — Esp, 0X8 Lon.

5. Exag«Té. Sixte V fit de tiOs^'raiides et de très utiles clioses (uqiioducs à Rome, bibliothôques, les Etatsdu pape aéU\Té?.d&s\i\ws«sA^> le IrésoT ootvVWiçaX \c.\\\^\> ^'^^\^•

première place de l'Église *, et il osa montrer de Torgueil devant les Espagnols.

Quoi qu'on ait pu dire de sa rigueur extrême, on peut l'excuser en ce qu'elle n'était jamais fondée que sur l'exacte justice. Du reste, il est le premier qui ait perdu la puissance temporelle des papes, en ouvrant la porte aux emprunts : chose qui ne pouvait être que fatale dans un gouvernement qui n'est pas successif, et qui cependant est monarchique*.

Paul III, avec un esprit naturel, mais pénétrant, un génie plein de ressources, des idées justes, une grande connaissance des hommes, fut le restaurateur du pontificat, qu'il soutint, pour ainsi dire, à un fil. Il ne porta dans les affaires ni vanité, ni humeur, ni préjugé, ni prévention ; il tira parti de chaque événement, et ce qui pouvait être pour lui le fut toujours'.

Ce vieillard décrépit n'avait pas même les défauts de son Age* : ni la lenteur, ni la timidité, ni les méfiances, ni rirrésolution ; et s'il était prudent, il n'était pas

moins sage.

Il se trouva dans de cruelles circonstances. Le mur

i. Ranke : « Son ambition était élevée, mais elle était lé{?itime; car il s'était toujours cru destiné à la haute dignité où il se voyait parvenu. Aussi choisit-il cette légende : « Dieu ! tu es mon pro- « tecteur depuis le sein de ma « mère. »

2. Les emprunts n'ont aucun rapport avec la })uissance temporelle des papes. Ranke a jugé, IV, IX, très défavorablement la politique financière de Sixte V. Il emprunta, et « ses économies aurai(>nt pu sullire môme à toute sa tûche ».

3. Ranke, Histoire de la papaiité, III, I : « Le siège papal était posé entre les deux factions. La

nécessité de combattre les protestants se faisait vivement siiuVvv.

et pourtant Paul se vit contraint de s'unir secrètement à eux à cause de ses intérêts politiques.

La situation de sa souverameté temporelle lui donnait le vif désir d'aflaiblir la prépondérance des Espagnols : mais les Espagnols paraissaient peu disposés à céder.

Ainsi partout, à côte d'un besoin, il rencontrait un danger. Il fut obligé de se livrer à une politique circonspecte, attentive, tempori- 1 satrice, et paraissant souvent se contredire.... Il fallut souvent at tendre avec patience les circonstances favorables, souvent les amener avec prudence, et enfin s'en servir avec adresse et promp- VvVudft. Ce à quoi il ne manqua

de séparation entre les catholiques et les protestants n'était pas encore mis : de façon que ceux-ci, parlant habilement le langage des premiers et ne demandant qu'un concile et la réformation de quelques abus, il semblait que les intérêts de Rome seule divisassent les esprits.

Le Luthéranisme surtout était funeste, en ce que le peuple, qui voyait à peu près le même extérieur, croyait n'avoir presque pas changé et sentait peu de chose de cette infinie distance qu'il y a d'une religion à l'autre : de façon qu'un prince qui se donnait le nom de catholique ou un autre qui se donnait celui de protestant se faisait d'abord * suivre par ses sujets ; et comme il y avait des protestants partout, on était à chaque instant sur le point de voir les princes modérés abandonner Rome pour le bien de la paix, et les princes avides, pour avoir les richesses de l'Église.

D'ailleurs Charles-Quint n'avait de qualité bien connue qu'une grande ambition, et il était sûr que, pour protéger la religion, il attendrait toujours qu'il eût intérêt à le faire.

Mais les terres papales formaient de nouveaux embarras : car si Charles soutenait la puissance spirituelle, il était toujours prêt à envahir la temporelle.

11 fallait engager François l' à défendre le pape contre Charles, et Charles à défendre l'Église contre les protestants. Enfin, on était forcé à chaque instant de changer de conduite avec des princes qui variaient toujours, et d'abandonner tous les anciens plans, dans un temps où tous les États d'Europe avaient pris de nouveaux intérêts*.

Il éleva aux dignités tous les gens de mérite qu'il put trouver et les intéressa à la défense commune.

Le concile, que ses prédécesseurs avaient tant craint.

tant promis, tant refusé, il l'accorda*; et sans s'émouvoir de ce qui s'était passé à Constance et à Bàle, il vit qu'il était dans d'autres circonstances : que sa querelle était celle de tout le clergé; que, dans un temps où l'esprit général était de corriger, il fallait, par un concile, prévenir les assemblées laïques et se conserver par là le jugement des dogmes et le droit de réformer».

Il jugea que, la plupart des princes ayant perdu le respect pour le pontificat, c'est-à-dire pour cette puissance qui n'est défendue que par le respect, il fallait qu'il se rendît lui-même considérable par une armée, et qu'il facilitât par là les négociations.

11 regarda avec attention les différents effets de celte fermentation générale qui était dans l'Europe, profita des uns, se joua des autres, et sentit toujours le premier ce qui pouvait lui nuire ou le servir.

Lorsque Charles-Quint eut pris le mauvais parti de n'gicr lui-même les disputes de religion, le pape, qui savait bien que, dans ces sortes d'affaires, il n'y a point de conciliation, et que tous les partis sont extrêmes, ne (it que rire de la malhabileté de ce prince, qui allait s'attirer contre lui les protestants et les catholiques, et i! ne se vit jamais plus à la tète des affaires de la religion que dans le temps que l'empereur crut qu'il l'en allait exclure.

Charles, dont les affaires étaient embarrassées avec toutes celles du monde d'alors, lui manqua souvent, ot il ne se pi(iua jamais; et cela put bien lui faire changer d'intérêts, et jamais de conduite.

Enfin, il mourut après avoir relevé le pontificat et fait à sa famille, dans des temps si difficiles, un des grands établissements qu'aucun pape ait jamais pu faire.

1. Concile de Trente convoqué 1 sance.] — Constitués en loio '"J'w'j , , , ^ [faveur des Farnèse, à la fami

'J. Les duchés de Parme cl P\a\- \ à^sqyvtX?» îvv\>^^^^^^v^ Paul III.

Le duc de Mayenne et Gromwell semblent s*être trouvés dans les mêmes circonstances : mais la politique voulait que le premier se fît roi, et non pas le second.

On avait attaqué la royauté en faisant mourir Charles ; on n'avait attaqué que le roi en assassinant Henri. Le bul de la faction d'Angleterre était d'abolir le titre : celui de la faction de France, de le porter dans une famille catholique. Cromwell, se faisant roi, détruisait l'esprit de sa faction : le duc de Mayenne, prenant la couronne, fortifiait celui de la sienne.

Le duc de Mayenne fit des fautes irréparables. Il mit la couronne en dépôt sur la tète du vieux cardinal de Dourbon, c'est-à-dire qu'il rappela la fidélité de la nation à la maison de ses rois. Bientôt, il fit pendre les Seize à cause de leurs excès, et par là, il acheva de détruire l'esprit qui agitait son parti*. Cromwell tua bien de sa propre main quelques-uns des siens qui n'obéissaient pas; mais il n'eut garde de les punir de leur fureur contre le parti opposé. Il se servit quelquefois de moyens violents pour faire passer ses gens d'une extravagance à une autre; mais le duc de Mayenne les employa pour donner à son parti de la modération, c'est-à-dire pour le faire périr.

Quoiqu'on ne puisse guère trouver des âmes plus différentes que celle de Cromwell et celle de César, cependant on ne peut pas dire que l'Anglais ait été inférieur au Romain par le génie.

Les grands hommes vont à leur but par une route : ('romwell y alla par tous les chemins. On peut, avec de la pénétration, découvrir la chaîne des desseins des autres : cela fut impossible avec celui-ci. 11 alla de cou-

/. Loi chefs des 16 quartiers de ?ans. ILa V^^V,

tradiction en contradiction ; mais il alla toujours, tel que ces pilotes que presque tous les vents conduisent au port, ligouverna les Anglais comme si lui seul avait eu une âme. Il n'eut aucun confident : tout le monde fut sa dupe; et tel fut le succès de ses desseins que ses complices mêmes en furent épouvantés.

Le dernier crime qui le porta, semblable à ceux que vantent les fables, parut d'abord faire horreur à la nature entière. Mais lui prit de sang-froid le gouvernement, jeta partout l'épouvante, fit succéder le respect à la haine, et força les rois les plus superbes à couronner l'injure et à devenir ses alliés.

Henri III, roi de France, et Charles I", roi d*Angieterre, étaient des princes faibles et superstitieux, toujours embarrassés dans des procédés personnels, pleins de préventions dans leurs haines et leurs amitiés, également prêts à tout entreprendre et à tout céder, toujours mal à propos hardis ou timides, ayant quelque soin de se faire aimer de leurs courtisans, aucun de se rendre agréables à leurs sujets.

Il y a des conjonctures où les plus petits génies peuvent gouverner assez bien ; il y en a d'autres où les plus grands esprits sont étonnés : l'art de régner est quelquefois l'art du monde le plus aisé, et quelquefois le plus difficile.

Dans la prospérité d'une monarchie, im prince peut être méprisé impunément: car la force du gouvernement supplée à la faiblesse de celui (jui gouverne. Mais lorsque l'État est dans sa décadence, il n'y a que le respect pour la personne du prince qui puisse suppléer à la faiblesse des lois, et pour lors, ses imperfections et ses vices sont les vraies plaies de VÉIaV.

De la haine que ^''^" cow^jWV ^^wv \^ ^^x^s^w^wr. ^s^

Charles, on passa peu à peu au mépris. Au contraire, du mépris que l'on eut pour la personne de Henri, on passa insen.siblement à la haine. Et cela est fort extraordinaire, car ces deux princes n'avaient pas d'assez grandes qualités pour mériter d'être haïs.

La vie privée de Charles était admirable, et le censeur le plus austère n'aurait pu y rien trouver à reprendre. Henri avait des vices qu'un particulier, qui en peut espérer le secret, ne saurait avoir sans rougir.

Mais Charles était né avec une telle incapacité pour gouverner, qu'il n'y en a point d'exemple dans les histoires, pas même dans celle de Henri lU.

Il y a des imbécillités qui sont telles qu'une plus grande imbécillité vaudrait mieux.

Louis XIH en est un exemple : un degré de moins de faiblesse aurait rendu ce prince le jouet des événements, parce qu'il aurait gouverné par lui-même ; un degré de plus de faiblesse le rendit plus puissant que tous ses prédécesseurs, parce qu'il resta sous la main d'un ministre dont le puissant génie dévora l'Europe. H est vrai qu'il n'obtint d'autre gloire que celle de cet empereur tartare qui conquit la Chine h six ans*.

Henri IH trouva la France depuis longtemps agitée par les guerres civiles. Charles les fit naître en Angleterre : il força, pour ainsi dire, les Anglais à lui disputer tout ; et si quelques circonstances, qu'il ne devait pas espérer, ne l'avaient pas mis en état de faire la guerre, on aurait vu une chose bien extraordinaire : un grand monarque abattu dans un moment, sans aucune conspiration contre sa personne, sans effusion de sang, sans combat, et par la seule puissance civile*....

1. Il s'ajrit de la conqut^tc do la Qiine par les Tarlares en 164i.

Elle fut faite par A-ina-van, oncle et tuteur du premier empereur

de la dynastie tartare, Chun-Tchi, qui n'avait alors que six ans.

2. Le morceau se termiao. ^^^"ç une éludai dw \\i\5;çv^ ^vi ^viw^x ''^-

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