Ce passage est capital pour
comprendre le système politique
de Montesquieu, ^lon lui la mo-
Darchh {et quand il parle de mo-
aarchie, c'est la France contem-
poraioe) ne peut exister sans des
lois fondamentales, sans une constitution sanctionnant l'existence simultanée de la royauté et d'Ordres privilégiés, et les rapports de ces deux catégories de pouvoir, celui-là principal, ceux-ci dérivés et subordonnes. Celte théorie est sans aucun doute un de ces princijyes que Montesauieu était si heureux d'avoir découverts (cf.
p. il). Je crois en outre que les derniers chapitres de l'ouvrage, ceux sur l'origine des lois féodales, ont précisément pour but de rechercher dans l'histoire de France les traces les plus lointaines de cette constitution, et, Eour ainsi parler, son fondement istoriquo.
3. Et où d'autres, corps constitués ou fonctionnaires, administrent par délégation d'un seul. Ce qui, pour Montesquieu, constitue essentiellement le régime monarchique, c'est l'autorité d'un .«;eul, contenue et tout l\ la fois modértVR, réglée et en quelque sorte canalisée par des pouvoirs qui dérivent d'elle, comme la Noblesse, le Parlement, le Clergé et la Bourgeoisie. Si l'on se rappelle que le règne i\o \a>\\\s \N gi ôVv? \v[v«f \\\VVfc sourde ei\Vvc \o. vo\ eV sow ^.«awbvîA.
d'une va\ V,oV àc Va\\VtcV%^^;^^'^^ privilégiés eV svvtVowV \^ V^x\^
subordonnés et dépendants : en eflet, dans la monarchie, le prince est la source de tout pouvoir politique et civil*. Ces lois fondamentales supposent nécessairement des canaux moyens par où coule la puissance : car, s'il n'y a dans l'État que la volonté momentanée et capricieuse d'un seul, rien ne peut être fixe, et par conséquent aucune loi fondamentale.
Le pouvoir intermédiaire subordonné le plus naturel est celui de la noblesse. Elle entre, en quelque façon, dans l'essence de la monarchie*, dont la maxime fondamentale est : Point de monarque^ point de noblesse; point de noblesse f point de monarque^ : mais on a un despote*.
ment, on comprendra mieux l'actualité de la tliéorie de Montesquieu : la monarchie idéale qu'il propose à la France, c'est celle où le pouvoir royal serait tempéré par les privilèges de ces Oi'dres (auxquels lui-même appartenail).
1. Celte phrase ne se trouvait point dans le texte primitif. Il est prohable que les censeurs l'y tirent ajouter pour sauvegarder plus franchement les droits du pouvoir royal (Vian, Histoire de Montesquieu, p. 261).
2. Dans le chap. xxv du livre XXX, Montesquieu s'est efforcé «le montrer qu'il y avait un « Ordre de la noblesse » dès l'origine de la monarchie franque.
3. Réminiscence de la phrase de Charles I", roi d'Angleterre: « Point d'évèque, point de monarque ».
A. Voltaire remarque assez justement (dans son Commentaire sur l'Esprit (les Ijtis), à propos de la définition que Montesquieu donne de la monarchie: «< 11 ne peut y avoir aucune autre différence entre le despotisme et la uu)narchie que l'existence de certaines règles, de certaines formes, de certains principes consacrés par 1<; temps et ro/)inioii. ol dont je luonnrque se
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par la crainte d'aliéner les esprits de sa nation, le gouvernement est monarchique ; mais s'il existe un corps, une assemblée, du consentement desquels il ne puisse se f»asser, lors(|u'il veut dérogera ces ois premières; si ce corps a le droit de s'opposer à l'exécution de ses lois nouvelles, lorsqu'elles sont contraires aux lois établies:
dès lors il n'y a plus de monarchie, mais une aristocratie. Le monarque, pour être juste, est censé devoir respecter les règles consacrées par l'opinion, tandis que le despote n'est obligé de respecter que les premiers principes du droit naturel, la religion, les mœurs. La différence est moins dans la forme de la constitution que dans l'opinion des peuples, nui ont une idée plus ou moins étendue de ce qui constitue les droits de l'homme et du citoyen. »
11 n'en est pas moins indiscutable (|ue la théorie de la monarcfliie, telle que l'expose Montesquieu, a une puissante et réelle originalité, et un véritable fondement historiqiHî : c'est la monaiThie féodale, celle des Ktats Généraux et des théoriciens parlementaires du XVI» siècle et de la Fronde, et on ne sauraW met <^\\'\V u'^' ait une différence essentielle cwVt^ ç;»
LES GOrVERNEWENTS.
Il y a des gens qui avaient imaginé, dans quelques États en Europe, d'abolir toutes les justices des seigneurs*. Ils ne voyaient pas qu'ils voulaient faire ce que le parlement d'Angleterre a fait*. Abolissez dans une monarchie les prérogatives des seigneurs, du clergé, de la noblesse et des villes, vous aurez bientôt un État populaire, ou bien un État despotique'.
Les tribunaux d'un grand État en Europe frappent sans cesse, depuis plusieurs siècles, sur la juridiction patrimoniale des seigneurs, et sur l'ecclésiastique*. Nous ne voulons pas censurer des magistrats si sages : mais nous laissons à décider jusqu'à quel point la constitution en peut être changée*.
Je ne suis point entêté des privilèges des ecclésiasti-
gouvcrnemcnt et la monarcliic aespotique, de droit divin, des peuples orientaux. Quand on songe que c'était cette dernière monarchie, disait-on (cf. p. 283), que Louis XIV voulait étanlir, on com-
Êrend l'énergie avec laquelle ontesquicu défendait et expliquait la première, an nom de ses princifM'» et à l'aide de l'histoire. 1 hn Kspagne, Ferdinand le Oitholique atla(|ue ces justices:
Jean II les supprime en Portugal (1482).