‹ Extraits de l'esprit des lois et des œuvres diversesChapitre 7 sur 324 · Il fallait 25 ans pour entrer dans la magistrature · texte numérisé non relu

Il fallait 25 ans pour entrer dans la magistrature

2. On appelait présidents à mortier les présidents du Parlement, à cause du mortier ou bonnet de velours noir, bordé d'un galon d'or, qui était un des insignes de leur dignité.

3. Son oncle mourut en 1716, lui léguant sa charge : on sait qu'en ce temps-là les charges de judicature étaient vénales et héréditaires. Montesquieu acceptait volontiers, en principe, cette vénalité des charfçes. Il a dit dans V Esprit des Lois (V, xi.x) : « Cette vénalité est bonne dans les Etats monarchiques, parce qu'elle l'ait faire, comme un métier de famille, ce qu'on ne voudrait pas entre-

prendrc pour la vertu; qu'elle

f/ost/ne chacun à son devoir, et

rond les Ordres de VEUX plus per-

manents. » Cf. ici, p. 71. En acceptant l'héritage de son oncle, La Brède prit son nom, et signa désormais Montesauieu.

4. Impôt de iO sols par tonneaa sur les vins sortant de Guyenne; cf. Vian, p. 37.

5. Montesquieu avait du reste intérêt à la suppression de cet imi- ])ôt, les vignobles de La Brèdc étant une de ses principales ^ressources. Cf. p. 339 et 340.

6. Impôt de 3 sols pour li\Te sur toutes les marchandises en sus des droits ordinaires d'entrée et de sortie (Vian, p. 398).

7. Les lettres patentes qui 1 -étar blirent sont du 5 septembre 1712, Voyez une excellente histoire d l'Académie de Bordeaux par M. C leste, bibliothécaire île la V

( Bordeaux, TCvowo^^V^^^ ""^^^ 1 \wlc, m, p. ©iV

crut, avec raison, que l'ardeur naissante et les talents de ses confrères pourraient s'exercer avec encore plus d'avantage sur les objets de la physique. 11 était persuadé que la nature, si digne d'être observée partout, trouvait aussi partout des yeux dignes de la voir; qu'au contraire les ouvrages de goût ne souffrant point de médiocrité, et la capitale étant en ce genre le centre des lumières et des secours, il était trop difficile de rassembler loin d'elle un assez grand nombre d'écrivains distingués*. Il regardait les sociétés de bel esprit, si étrangement multipliées dans nos provinces*, comme une espèce, ou plutôt comme une ombre de luxe littéraire, qui nuit à l'opulence réelle sans même en offrir l'apparence'. Heureusement M. le duc de La Force, par un prix qu'il venait de fonder à Bordeaux, avait secondé des vues si éclairées et si justes*. On jugea qu'une expérience bien faite serait

1. Il est en eflFet digne de remarque que Montesquieu dirigea surtout vers les sciences les travaux de l'Académie et qu'il s'y occupa lui-même, à peu près uniquement, de physique et d'histoire naturelle : il y lut des mémoires sur les maladies (1717 et 1718), sur l'écho (1718), sur la transparence des corps (1720), sur le flux et le reflux (1720), sur le mouvement (1720), etc. Enfln, en 1719, il projeta d'écrire une Histoire physique de la terre ancienne et moderne. Tous les littérateurs du temps, et Voltaire plus encore que Montesquieu, eurent la passion de l'histoire naturelle et le goût des expériences de physique : l'influence de Mewlon les dominait presque exclusivement.

« De ces excursions scientifiques et ile son passage dans les lahoraloin*s », dit de Montesquieu M. Sorel (dans la Collection des Grands Ecrivains, p. 10), « il lui resta une conception de la science, une métàode de travail et un instinct de

l'expérience, qui se retrouvèrent dans ses ouvrages de politique et d'histoire. » Voyez, dans Vtsprit des Lois^ XIV, ii, la manière dont il veut prouver que « dans les pays froids les sensations sont moins vives» : «J'ai fait geler la moitié d'une langue de mouton et j'ai trouvé à la simple vue les mamelons considérablement diminués. »

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