‹ Extraits de l'esprit des lois et des œuvres diversesChapitre 73 sur 324 · Il faut bien se rap|K»ler la remarque suivanle de Montes · texte numérisé non relu

Il faut bien se rap|K»ler la remarque suivanle de Montes

quieu à propos de cette définition (livre 111, ch. xi). « Tels sont les principes des trois gouvernements : ce qui ne signifie pas que dans une certaine république on soit vertueux, mais qu'on devrait l'être. Cela ne prouve pas non plus que dans une certaine monarchie on ait de l'honneur, et que dans un Etat despotique particulier on ait de la crainte, mais qu'il faudrait en avoir : sans quoi le gouvernement sera imparfait. »

3. Ciimme il arrive souvent dans l'aristocratie \\\\V\V!w\x'i> \ — 7 l.e vv;\\ Vvvo ^\\ ^«'svvnVv svwvN.

donc 'VWwYv^ Axx \vi>3«x ovx \\ ^^

veniement, qui est la crainte, n'y étant plus, lo peuple n'a plus de protecteur....

Il faut que le peuple soit jugé par les lois, et les grands par la fantaisie du prince; que la tète du dernier sujet soit en sûreté, et celle des bâchas toujours exposée. On ne peut parler sans frémir de ces gouvernements juonstrueux. Le sophi de Perse, détrôné de nos jours par Mirivéis, vit le gouvernement périr avant la conquête, parce qu'il n'avait pas versé assez de sang».

L'histoire nous dit que les horribles cruautés de Domitien effrayèrent les gouverneurs au point que le peuple se rétablit un peu sous son règne*. C'est ainsi qu'un torrent qui ravage tout d'un côté laisse de l'autre d(»s campagnes où l'œil voit de loin quelques prairies.

(Livre III, chap. ix.)

11 y a peu de lois qui ne soient bonnes lorsque l'État n'a point perdu ses principes; et, comme disait Épicure en parlant des richesses, ce n'est point la liqueur qui est corrompue, c'est le vase.

(Livre VIH, chap. xi, fragin.)

LES TROIS POUVOIIIS*

Il y a, dans chaque État, trois sortes de pouvoirs : la puissance législative, la puissance exécutrice des choses

1. Voyez l'histoire de ceUe révolution, par le l\ Ducerceau.l — Révolte de l'afghan Mir-Weiss contre le sophi Hussein (roi de Pei*se) en 1709; mais ce fut seiiU^ ment Hir-Mahnioud, lils de Mir- WeisSj qui le détrôna en 17±2.

Hussein était un prince doux et pwux, c'osl-h-âirc que Montesqu/eu considère son rèfc'ne comiuc

en contradiction avec le principe du despotisme. [Ducerceau], //«ioirt' de la dernière révolutiou de Perse, t. I, 1728.

2. Son ffoiivernement était militaire: ce (|ui est lUie des espèces du gouvernement despotique.] — Suétone, Domitien, VIII.

,", Cf. Aristote. Politique. VI, ^ \i, i ; a Aïaus VowV. V.VaV, \V ^%V. troU

LES GOUVERNEMENTS

qui d<*pcnfJt*nl du droit d«»s gens*, et la puissance exécutrice de celles qui dépendent du droit civil*.

Par la première, le prince ou le magistrat fait des lois pour un temps ou pour toujours, et coirige ou abroge celles (|ui sont faites. Par la seconde, il fait la paix ou la guerre, envoie ou reçoit des ambassades, établit la sûreté, prévient les invasions. Par la troisième, il punit les crimes ou juge les différends des particuliers. On appellera cette dernière la puissance de juger; et l'autre, simplement la puissance exécutrice de l'État....

Lorsque, dans la même personne ou dans le môme corps de magistrature, la puissance législative est réunie à la puissance exécutrice, il n'y a point de liberté, parce qu'on peut craindre que le même monarque ou le même sénat ne fasse des lois tyranniques pour les exécuter tyranniquement.

Il n'y a point encore de liberté, si la puissance déjuger n'est pas séparée de la puissance législative et de l'exécutrice. Si elle était jointe à la puissance législative, le

parties, dont le législateur, sMI est sage, s'occupera par-dessus tout à bien régler les intérêts.

Ces trois parties une fois bien organisées, l'Etat tout entier est nécessairement bien organisé luimême; et les Etats ne peuvent différer réellement que i>ar l'orçanisation difTérente de ces trois éléments. Le premier de ces trois objets, c'est l'assemblée générale délibérant sur les afTaires publi-

aues. Le second, c'est le corps es magistrats dont il faut régler la nature, les attributions et le mode de nomination. Le troisième, c'est le corps judiciaire. »

Locke devait préciser ces idées en opposant le pouvoir législatif au pouvoir exécutif, dans son Traité sur le gouvernement civil ^ 16U0; cf. icif p. 193 et s.

1. Montesquieu sous-en tend ici le droit politique : c'est la puissance qui aura la garde des intérêts publics. Cf. livre I, ch. ui; « Les hommes ont des lois dans le rapport que les neunles ont entre eux : et c'est le aroit dvn gens. Considérés comme vivant dans une société oui doit être maintenue, ils ont des lois d.-ms le rapport qu'ont ceux qui gouvernent avec ceiix qui sont |roiivornés : et c'est le droit politique. Ils en ont encore dans le rapport que tous les citoyens ont entre eux ; et c'est \o. droit civil. • Le pou voir <»xéculil' veille à l'exécution des d«'ux premiers de ces droits, le pouvoir judiciaire ù celle du droit civil.

Page 1