‹ Extraits de l'esprit des lois et des œuvres diversesChapitre 84 sur 324 · Ici Montesquieu va trop loin · texte numérisé non relu

Ici Montesquieu va trop loin

L'égalité politique, même dai\"!>vvv\«i

vraiment de patrie que ]h où il y l répuV>V\t\\\e \>^v\. fe\.si,w^w^ ^ w> ^xi>\. a république et égalité. Je ne suis \ \ms euVvàXuev tvvH''v>ss\!v\v«f\wvw\.Xv^>pas siir pourtant que la cause de \ sente Oie VowV \v\^^ viV V*. vxv^^'^"*

L'ESPHIT DES LOIS.

mais à des peuples timides, ignorants, abattus, il ne faut pas beaucoup de lois'.

Tout y doit rouler sur deux ou trois idées : il n'en faut donc pas de nouvelles. Quand vous instruisez une bète, vous vous donnez bien de garde de lui faire changer de maître, de leçon et d'allure : vous frappez son cerveau par deux ou trois mouvements, et pas davantage.

Lorsque le prince est enfermé, il ne peut sortir du séjour de la volupté sans désoler tous ceux qui l'y retiennent. Ils ne peuvent souffrir que sa personne et son pouvoir passent en d'autres mains. Il fait donc rarement la guerre en personne, et il n'ose guère la faire par ses lieutenants*.

Un prince pareil, accoutumé dans son palais à ne trouver aucune résistance, s'indigne de celle qu'on lui fait les armes à la main : il est donc ordinairement conduit par la colère ou par la vengeance. D'ailleurs, il ne peut avoir d'idée de la vraie gloire. Les guerres doivent donc s'y faire dans toute leur fureur naturelle, et le droit des gens y avoir moins d'étendue qu'ailleurs'.

Un tel prince a tant de défauts, qu'il faudrait craindre d'exposer au grand jour sa stupidité naturelle. Il est caché, et l'on ignore l'état où il se trouve*. Par bonheur,

1. Comme l'a remarqué M. Sorel (p. 100), Montesquieu songe trop constamment au despotisme des peuples orientaux. « Il lui manque d'avoir connu la Russie. Voici un Empire où le prince est la loi vivante et arbitraire, et où l'amour qu'il inspire au peuple fait toute la force de l'Etat. »

2. Montesquieu songeait à Tibère et à Domitien-.cf. Considéra fions.

p. 143. Mais il y a l>eauroup d'exceptions à celte loi. Et on song»' ici, involontairement. à .Napoléon.

J. «r Le droil des gens », c'est-

à-dirn les rt'f^U's internationales

de probité, do jusiicCf de bonne

foi. Montesquieu songe aux guerres sans merci des despotes orientaux et, je crois, en particulier à la grande guerre de Nadir- Cliali, roi de l'erse, contre les Mongols. Lors du sac de Delhi, cent raille hommes périrent, les survivants furent mis à la torture pour être forcés à révéler les trésors cachés (1739). Mais de pareilles violations de l'humanité se sont rencontrées ilans h-s gouvernements modérés, monarchie ou république.

l. Noyez ici, p. 318, les por- Ua'vls vV 'VWwvv *A vVr\A>v\v>^\\.VivL [ pense cuvior^ vi VVkxVvwvi W.

les hommes sont tels dans ces pays, qu'ils n'ont besoin que (l'un nom qui les gouverne.

Charles XII étant à Bender*, trouvant quelque résistance dans le sénat de Suéde, écrivit qu'il leur enverrait une de ses bottes pour commander. Cette botte aurait commandé comme un roi despotique.

Si le prince est prisonnier, il est censé être mort; et un autre monte sur le trône ^. Les traités que fait le prisonnier sont nuls: son successeur ne les ratifierait pas. En eiTet, comme il est les lois', l'Étal et le prince, et que, sitôt qu'il n'est plus le prince, il n'est rien, s'il n'était pas censé mort, l'État serait détruit.

Une des choses qui détermina le plus les Turcs à faire leur paix séparée avec Pierre I", fut que les Moscovites dirent au vizir, qu'en Suède on avait mis un autre roi sur le trône*.

La conservation de l'État n'est que la conservation du prince, ou plutôt du palais où il est enfermé. Tout ce qui ne menace pas directement ce palais ou la ville capitale, ne fait point d'impression sur des esprits ignorants, orgueilleux et prévenus; et quant à l'enchaînement des événements, ils ne peuvent le suivre, le prévoir, y penser même. La politique, ses ressorts et ses lois, y doivent être très bornés, et le gouvernement politique y est aussi simple que le gouvernement civil s.

Tout se réduit à concilier le gouvernement politique et civil avec le gouvernement domestique^, les officiers de l'État avec ceux du sérail.

1. Charles \II n'était point alors û bender. mais à Démotica ; Voltaire, Histoire de Charte» A7/, cliap. VII.

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