‹ Extraits de l'esprit des lois et des œuvres diversesChapitre 91 sur 324 · Politique^ livre I.] — I, v · texte numérisé non relu

Politique^ livre I.] — I, v

5 : « La prciuièro quoslion. qu;mt à resclave, c'est de savoir si Ion peut attendre de lui, au delà de sa vertu d'insirunient et de serviteur, qu<>l(iue vertu, eomnie la sa^'«'ss<'. le courage, 1 equit»*, etc., ou bien, s'il ne peut avoir d'autre in«>rite que ses services tout corporels. Des deux côtés, il y a doute. Si l'on suppose ces vertus aux esclaves, où sera leur diflV'r/vuv nit'r Jrs hommes lihrea f Si o/j Jt's Jour rvl'use, la chose n'est

r>as moins absurde : car ils sont loniines et ont leur ^»art de raison. » On voit qii Aristote est moins catégorifiue qur iw semble le dire .Montes(juieu. ('"est toujours un peu le tort de notre auteur de forcer la pensée dfs écrivains.

t. Tout cela est un peu exagéré. 11 y a eu d«' tout t«MU|is, depuis Pisistrate et C/'sar jusipià Charlemagne et Louis XIV, d«'S despotes anus de Va vuUun». protecteurs des VeVlres «V \wo\va\j:^-

Le cardinal de Richelieu * veut que Ton évite dans les monarchies les épines des Compagnies, qui forment des dinicultés sur tout. Quand cet liomme n'aurait pas eu le despotisme dans le cœur, il l'aurait eu dans la tête*.

(Livre V, chap. x.)

IDKE DU DESPOTISME

Quand les sauvages de la Louisiane veulent avoir du fruit, ils coupent Tarhre au pied, et cueillent le fruil'. Voilà le gouvernement despotique*.

(Livre V, chap. xiii.)

leurs de l'instruction : mais il ne faut pas oublier que Montesquieu veut, avant tout, inspirer de l'horreur pour le des|>otisme. Ce ne sont pas là des expost^s liistori-

3ues, mais les développements 'une thèse.

1. Testament politique.] — Chap. IV, sect. m : « 11 ne faut rien souffrir de ces prandes Cx)nipagnies qui puisse blesser l'autorité souveraine. »

t. Il s'agit des Parlements. On connaît la haine de Montesquieu

pour Bichelieu, cf. p. 84 et S36.

bu reste, ce jugement est ))arfailement juste.

3. lettres édifiantes, recueil II, page 515.] — Ce sont les lettres écrites par les jésuites en mission, recueil plein de faits d'ordinaire bien vus et bien exposés.

A. Ce trait d'esprit forme à lui seul tout un chapitre. C'estencoro un de ces artifices littéraires dont Montesquieu a si souvent usé dans son ouvrage pour forcer l'attention.

République, démocratie, libertés

CE QUE c'est que LA VERTU DANS lV.TAT POLITIQUE*

La vertu, dans une république, est une chose très simple : c*est Tamour de la république; c'est un sentiment, et non une suite de connaissances; le dernier homme de l'Étal peut avoir ce sentiment, comme le premier. Quand le peuple a une fois de bonnes maximes, il s'y tient plus longtemps que ce que l'on appelle les honnêtes gens. Il est rare que la corruption commence par lui. Souvent il a tiré, de la médiocrité de ses lumières, un attachement plus fort pour ce qui est établi'.

1. Dans tout ce que Montesquieu «lit (lu iv<;iine ivpuhlicain, il s'inspire surtout d'Aristote, et il a constaninient sous les yeux Home et les villes grecques. Et il voit ces ch'uiocraties anciennes parées de cette beauté idéale sous jacpielle l'éducation classique les lui avait décrites. 11 en parle connue Plutarque et connue Salluste. Il devance et il complète Itousseau. I^s révolutionnain'S i\o 1789 ne feront que transporter dans la France moderne ces principes de « vertu politique » qui, par l'intermédiaire de Montesquieu et de Rousseau, leur sont irnits ilo Cn^co ot de liomv. « S'il j .n.iti un jK'iiplv do dieux », <*cri-

vait Rousseau {le Contrat social^ III, IV), « il se gouvernerait démocratiquement. Un gouvernement si parfait ne convient pas à des houniies. • Mais je ne crois pas un seul instant que Montesquieu ait songé à réformer son |>ays suivant le type d<»s républiques anciennes (pas |)lus d'ailleuiN «nie suivant celui de la monarcliie anglaise) : il idéalis<' en décrivant, mais il ne propose pas «'t ne conseille pas.

2. Montesquieu entend ici le mot « poliluiue » dans le sens étymologique, roViTiCa, roAiTixoç, cité ou Etat formé d'une associalion d'honuftes é\;a\\x.

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