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et sur le peuple. On n'ira point lui alléguer les lois de la religion, un courtisan se croirait ridicule : on lui alléguera sans cesse celles de l'honneur. De là résultent des modifications nécessaires dans l'obéissance : l'honneur est naturellement sujet à des bizarreries, et l'obéissance les suivra toutes.
Quoique la manière d'obéir soit différente dans ces deux gouvernements, le pouvoir est pourtant le même. De quelque côté que le monarque se tourne, il emporte et précipite la balance, et est obéi. Toute la ditrérence est que, dans la monarchie, le prince a des lumières*, et qne les ministres y sont infiniment plus habiles et plus rompus aux affaires que dans l'État despotique.
(Livre III, chap. x.)
DE l'éducation dans LE GOUVERNEMENT DESPOTIQUE .
Comme l'éducation dans les monarchies ne travaille qu'à élever le cœur, elle ne cherche qu'à l'abaisser dans les États despotiques. Il faut qu'elle y soit servile. Ce .sera un bien, même dans le commandement, de l'avoir eue telle, personne n'y étant tyran sans être en même temps esclave.
L'extrême obéissance suppose de l'ignorance ^ dans celui qui obéit; elle en suppose même dans celui qui commande : il n'a point à délibérer, à douter, ni à raisonner, il n'a qu'à vouloir.
Dans les États despotiques, chaque maison est un Empire séparé. L'éducation, qui consiste principalement à vivre avec les autres, y est donc très bornée : elle se
1. Non souloment rintclligencc nN-sl pas ôlranjfère aux despotes (Pisistrate,G»sar,Tibère), mais cUe
reurs monprols ci lés p. 128. n. A.
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réduit à mettre la crainte dans le cœur, et à donnera l'esprit la connaissance de quelques principes de religion fort simples. Le savoir y sera dangereux, Témulation funeste; et pour les vertus, Aristote ne peut croire qu'il y en ait quelqu'une de propre aux esclaves* : ce qui bornerait bien l'éducation dans ce gouvernement.
L'éducation y est donc, en quelque façon, nulle. Il faut ôler tout, afin de donner quelque chose, et commencer par faire un mauvais sujet, pour faire un bon esclave *.
Eh! pourquoi l'éducation s'atlacherait-elle à y former un bon citoyen qui prît part au malheur public? S'il aimait l'État, il serait tenté de relâcher les ressorts du gouvernement : s'il ne réussissait pas, il se perdrait; s'il réussissait, il courrait risque de se perdre : lui, le prince et l'Empire. (Livre IV, chap. m.)
Les hommes sont tous égaux dans le gouvernement républicain; ils sont égaux dans le gouvernement despotique : dans le premier, c'est parce qu'ils sont tout; dans le second, c'est parce qu'ils ne sont rien.
(Livre VI, chap. ir, fragm.)
Les fleuves courent se m(Mer dans la mer : les monarchies vont se perdre dans le despotisme.
(Livre Vllï, chap. xvii, fragm.)