‹ Extraits de la Théodicée, avec introd.,notes, et éclairoissements sur l'histoire de l'optimismeChapitre 141 sur 205 · II. LE PÉCHÉ, CONDITION DO HBILLEUR DES MONDES · texte numérisé non relu

II. LE PÉCHÉ, CONDITION DO HBILLEUR DES MONDES

• D'où vient que cet homme fera assurément ce péché ? La réponse est aisée : c'est qu'autrement ce ne serait pas

MONADOLOGIK. 229

cet homme ; car Dieu voit de tout temps qu'il y aura un certain Judas, dont la notion, ou idée que Dieu en a, contient cette action future libre. Il ne reste donc que cette question : pourquoi un tel Judas, le traître, qui n'est que possible dans ridée de Dieu, existe actuellement? Mais à cette question ii n'y a point de réponse, si ce n'est que Dieu en tirera un plus grand bien, et qu'il se trouvera en somme que cette suite de choses dans laquelle l'existence de ce pécheur est comprise est la plus parfaite parmi toutes les autres façons possibles (1}».

m. LA MONADOLOGIE ^.

La Monade, dont nous parlons ici, n'est autre chose qu'une substance simple qui entre dans les composés ; simple, c'est-à-dire sans parties.

Et il faut qu'il y ail des substances simples, puisqu'il y a des composés; car le composé n'est autre chose .qu'un amas ou aggregatum des simples.

Or là où il n'y a point de parties il n'y a ni étendue, ni figure, ni divisibilité possible ; et ces Monades sont les véritables atomes de la nature, et en un mot les éléments des choses.

Il n'y a aussi point de dissolution à craindre, et il n'y a aucune manière concevable par laquelle une substance simple puisse périr naturellement.

Par la raison môme il n'y en a aucune par laquelle une substance simple puisse commencer naturellement, puisqu'elle ne saurait être formée par composition.

Ainsi on peut dire que les Monades ne sauraient commencer ni finir que tout d'un coup ; c'est-à-dire elles ne sauraient commencer que par création, et finir que par annihilation, au lieu que ce qui est composé commence ou finit par parties.

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