‹ Extraits de la Théodicée, avec introd.,notes, et éclairoissements sur l'histoire de l'optimismeChapitre 185 sur 205 · De vita et morte. IV · texte numérisé non relu

De vita et morte. IV

l'optimisme dans aristote. 309

« là (1). » Ce qui surabonde, elle remploie à suppléer ce qui manque. Elle rétablit l'équilibre, répare le désordre, guérit la maladie. Toujours elle travaille la masse inerte du corps, la façonne et la transforme. Enfin, « elle ne fait « rien en vain (2); elle est la cause de tout ordre (3) » ; partout elle met et conserve la proportion et la beauté.

Ainsi se retrouve dans Aristote Toptimisme de Socrate et de Platon. Mais le rôle attribué à la pensée divine dans le Timée n'est plus attribué par Aristote qu'à la nature, principe inférieur, qui est divin, mais qui n'est pas Dieu. Le démiurge éternel, Tartiste toujours eu travail, c'est la vie universelle, c'est la nature. La nature tend de toutes parts au bien sans le voir au-dessus d'elle « comme un lointain « idéal (4), » mais sous l'immédiate influence du désir. Son élan vers le bien est spontané, inconscient, et par conséquent aveugle; et cependant il prodiut et ordonne toutes choses, comme le ferait le calcul abstrait d'une réflexion prévoyante (5). C'est que la raison, pour être spontanée, n'en est pas moins la raison : ce qui l'ait la vie de la nature c'est la pensée; elle ne peut rien produire qui ne porte la marque de la pensée, qui ne soit intelligible, rationnel, bon et beau (6).

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