‹ Extraits de la Théodicée, avec introd.,notes, et éclairoissements sur l'histoire de l'optimismeChapitre 27 sur 205 · XXXII NOTICE SUR LEIBNIZ · texte numérisé non relu

XXXII NOTICE SUR LEIBNIZ

décret, selon Leibniz, le véritable auteur, renferme en lui-même le mal. Les deux hypothèses sont également inadmissibles.

La dernière et la meilleure réponse de Leibniz au problème du mal est dans sa doctrine du progrès, qu'on trouve indiquée par quelques lignes trop courtes de la Théodicée : « On pourrait dire que toute la suite des choses à Tinôni est la meilleure qui soit possible, quoique ce qui existe par tout l'univers, dans chaque partie du temps, ne soit pas le meilleur. 11 se pourrait que l'univers allât toujours de mieux en -mieux, si telle était la nature des choses qii'il ne fût point permis d'atteindre au meilleur d'un seul coup (1). » Mais il resterait toujours à expliquer comment le mal, même provisoire*, se concilie avec la puissance et la bonté divines ; Leibniz ne l'explique pas. Sa conception philosophique de la Providence demeure peu satisfaisante : le Dieu de Leibniz semble trop esclave des fatalités de la logique ou de la mécanique : il ne mtinifeste pas une bonté vraiment libre.

Tel est le principal défaut de ce grand système où Leibniz cherchait à faire tout rentrer. Leibniz a bien vu la nécessité de concilier l'ordre physique et l'ordre moral ; mais il n'a eu de ce dernier qu'une notion incomplète, parce qu'il n'a pas saisi assez fortement la liberté ni dans Thomme ni en Dieu. Sa philosophie, en définitive, est plus physique et intellectuelle que morale : la conception de l'universelle activité et de l'universelle raison y est admirablement développée ; Ja notion de la vraie moralité n'y est encore qu'en germe.

l. II, 202.

DE

Page 1