‹ Extraits de la Théodicée, avec introd.,notes, et éclairoissements sur l'histoire de l'optimismeChapitre 63 sur 205 · Italien protestant du xvi* siècle · texte numérisé non relu

Italien protestant du xvi* siècle

d'exemples ou peu d'échantillons suffisent pour Futilité que le bien relire du mal. D'ailleurs, comme il n*y a nulle raison qui porte à croire qu'il y a des étoiles partout, ne se peut-il point qu'il y ait un grand espace au delà de la région des étoiles? Que ce soit le ciel empyrée ou non, toujours cet espace immense qui environne toute cette région pourra être rempli de bonheur et de gloire. Il pourra être conçu comme l'océan où se rendent les fleuves de toutes les créatures bienheureuses quand elles seront venues à leur perfection dans le système des étoiles. Que deviendra la considération de notre globe et de ses habitants? Ne serace pas quelque chose d'incomparablement moindre qu'un point physique, puisque notre terre est comme un point au prix de la distance de quelques fixes. Ainsi la proportion de la partie de l'univers que nous connaissons se perdant presque dans le néant au prix de ce qui nous est inconnu, et que nous avons pourtant sujet d'admettre, et tous les maux qu'on nous peut objecter n'étant que dans ce presque néant, il se peut que tous les maux ne soient aussi qu'un presque néant en comparaison des biens qui sont dans l'univers (l).

1. Le mal qu'un seul être souffre peut, au point de vue mathématique, paraître un néant à l'égard du tout, mais c'est un tout à l'égard de celui qui souffre. En outre, l'argument de Leibniz est réfuté par lui-même: ne nous a-t-il pas dit que ce qui est incompatible avec la bonté parfaite, ce n'est pas seulement un grand mal, mais le plus petit mal qu'elle aurait pu empêcher?

2. Descartes n'eût pas admis cette nature idéale indépendante de la volonté divine ; il y eût vu un fatalisme imposé à Dieu même. Qu'il s'agisse d'une nature matérielle, comme la matière incréée des anciens, ou d'une nature idéale, c'est toujours une nature fatale. Quant aux vérités étemelles, elle ne peuvent être que l'expression de la bonté divine, non de lois supérieures à cette bonté.

1?. tIEBNÎZ.

ESSAIS DE THÉODIGÉE.

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