Montaigne veut ici marquer
ESSAIS DE MONTAIGN'E
est à croire ; je ne vise icy qu'à découvrir mo}' uiesmes, qui seray par adventure autre demain ', si nouveau apprentissage me change. Je n'ay point l'authorité d'estre creu, ny ne le désire, me sentant trop mal instruit pour uiMniiie autruy.
Quelcun donq', ayant veu l'article précédant ^, me disoit chez moy l'autre jour que je me devoy estre un peu estendu sur le discours de l'institution des cnfans. Or, Madame 5, si j'avoy quelque suffisance 4 en ce subject, je ne pourroi la mieux employer que d'en faire un présent à ce petit homme qui vous menasse de faire tantost une belle sortie de chez vous (vous estes trop généreuse, Madame, pour commencer autrement que par un masle) > ; car, ayant eu tant de part à la conduite de vostre mariage, j'ay quelque droit et interest à la grandeur et prospérité de tout ce qui en viendra, outre ce que ^ l'ancienne possession que vous avez de tout
qu'il nt ^«tend pas imposer d'autorité ses opinions aux autres, mais qu'il tient, à l'encontre du vieil esprit scolastique, à respecter l'indépeiuiance intellectuelle de tous, et aussi que, trouvant « aux opinions contraires une pareille faiblesse », il ne reconnaît à aucune le droit de prévaloir. C'est une tolérance voisine du scepticisme.
1. Montaigne fut-il vraiment si mobile et changeant ? Il fut, en tout cas, l'une de ces âmes « uiiivcrselks, ouvertes, prestes à tout », dont il a si bien parlé.
2. C.-à-d. le chapitre précédent, sur le Vcdantiime, dans lequel les idées de .Montaigne sur l'éducation sont, en grande partie, indiquées, et où il prend si vivement a partie les traditions routinières de son époque.
}. Tout ce paragraphe est une sorte de dédicace à Madame de Foix.
I£t c'est ici que commence l'exposé du svstéme pédagogique, après le long préambule où, comme nous
l'avons vu, il est question de tout autre chose que du sujet.