‹ Extraits de MontaigneChapitre 119 sur 353 · Dans l'édition de · texte numérisé non relu

Dans l'édition de

« Qui suyi un aultre, il ne suyt rien, il ne trouve rien, voire il ne cherche rien. Non sumus sub regc ; sibi quisque se vindicet. Qu'il sç.i<-he qu'il sçait, au moins. »

8. Ce verbe emboire, ou souvent imboire, n'a laissé que le participe imbu. Il signifie : absorber, se pctUtrer de.

leurs humeurs, non qu'il apprenne leurs préceptes, et qu'il oblie hardiment, s'il veut, d'où il les tient, mais qu'il se les s^ache approprier. La vérité et la raison sont communes à un chacun, et ne sont non plus à qui les a dites premièrement qu'à qui les dict après. Les abeilles pillotent deçà delà les fleurs, mais elles en font après le miel, qui est tout leur ', ce n'est plus thin ny marjolaine : ainsi les pièces empruntées d'autruy, il les transformera et confondera, pour en faire un ouvrage tout sien, à sçavoir son jugement : son institution, son travail et ^stude ne vise qu'à le former^.

C'est, disoit Epicharmus 5, l'entendement qui vovt et qui oyt, c'est l'entendement qui approfite tout, qui dispose tour, qui agit, qui domine et règne ; toutes autres choses sont aveugles, sourdes et sans ame +. Certes nous le rendons servile et couard, pour ne luv laisser la liberté de rien taire de sov. Qiii demanda jamais à son disciple ce qu'il luy semble de la Rethorique et de la Grammaire, de telle ou telle sentence de Ciceron ? On nous les placque en la mémoire toutes empennées >,

1. Ij comp.ir.iison est .lussi charnwnte que juste pour montrer la nécessité de s'assimiler, défaire siennes les idées d'emprunt. Au dire de la Pléiade, il fallait « les dévorer, et, après les avoir bien digérées, les convertir en sang et nourriture ».

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