Quitter les armes. — C'est rendre Us armes
4. C^aiVecst venu d'un défaut de prononciation exclusivement parisien. L'ctymolof^ie (cathedra) donne chaire. Les deux formes ont été employées indistinctement, même par les meilleurs écriv.^.ins :
■ Les savants ne sont bons que pour [prc'chcr en chaise. .> (iloliérc, Fcmmei sav., V, se. m.)
Le sens est ici : « Il ne sera pas mis en chaire pour y parler le langage imposéet appris d'un professeur officiel ou d un prédicateur. »
5. S'agirait-il ici des avocats, ou, comme on l'a cru parfois, de ceux qui engagent et lient leur vie par des vœux de religion r On ne voit pas pourquoi, en ce dernier cas,.
Montaigne parlerait de « deniers contans ». — D'autres commentateurs ont cru, et avec plus de raison si l'on s'en rapporte à la suite du texte, que le métier de courtisan est seul mis en cause. Voici, en efl'et, ce qui est ajouté dans l'édition de 1595 : « Si son gouverneur tient de mon humeur, il luy formera la volonté à estre tresloyal serviteur de son prince, et tresafTectionné et trescourageux; mais il lui refroidira l'envie de s'y attacher autrement que par un debvoir publique. Outre plusieurs autres inconvénients qui blessent nostre liberté par ces obligations particulières, le jugement d'un nomme gagé et achetté, ou il est moins entier et moins libre, ou il est t.iclié et d'imprudence et d'in-
Q.UC sa conscience et sa vertu reluisent jusques à son parler. Qu'on luv lace entendre que de confesser la iaute qu'il descouvrira en son propre discours, encore qu'elle ne soit aperceùe que par luy, c'est un effet de jugement et de sincérité, qui sont les principales quatez qu'il cherche '. On l'advisera, estant en compaignie, d'avoir les veux par tout ; car je trouve que les premiers sièges sont communément saisis par les hommes moins capables, et que les grandeurs de fortune ne se trouvent guieres meslées à la suffisance. J'av veu, cependant qu'on - s'entretenoit au haut bout d'une table de la beauté d'une tapisserie ou du goust de la malvoisie >, se perdre beaucoup de beaux traicts à l'autre bout. Il sondera la portée d'un chacun : un bouvier, un masson, un passant, il faut tout mettre en besongne et emprunter chacun selon sa marchandise, car tout ser' en mesnage ; la sottise mesmcs, et foiblesse d'autruv luv sera instruction +. A contreroller > les grâces et façon*: d'un chacun, il s'engendrera envie des Donnes, et mespris des mauvaises. f^
Qu'on luy mette en fantasie une honeste ci.riosité • de s'enquérir de toutes choses ^ ; tout ce qu'il y aura ,>
gr.ititude. Un pur courtisan ne peut avoir ny loy ny volonté de dire et penser que favorablement d'un maistre qui, parmi t.int de milliers d'autres subjects. Va choisi pour le nourrir et élever de sa main ; cette faveur et utilité corrompent, non sans quelque raison, ■i franchise et i'esbiouïssent : pour- :it void on coustumierement le .angage de ces ^ens là divers à tout antre langage en un estât, et de peu de foy en telle matière. »