J'admirerai l'homme qui ne
ESSAIS DK MONTAIGNE 1)7
\'oicy mes levons, où le faire va avec le dire. Car à quov sert il qu'on presche l'esprit, si les eftects ne vont quant et quant ? On verra à ses entreprinses s'il y a de la prudence, s'il y a de la bonté en ses actions, de l'indifférence en son goust, soit chair, poisson, vin ou eau. Il ne faut pas seulement qu'il die sa leçon, mais qu'il la face '. Zeuxidamus respondit à un qui luv demanda
f>ourquov les Lacedenioniens ne redigeoient par escrit es ordonnances de la prouesse, et ne les donnoient à lire à leurs jeunes gens, que c'estoit par ce qu'ils les vouloientaccoustumer aux faits, non pas aux escritures -.
rougit pas de son double haillon, qui change de fortune sans regrets, et qui joue les deux rôles avec grâce. » (Horace, Epist., I, 17, 25.) Mais il est à remarquer que Mont-oigne donne à ces vers un sens directement opposé à celui qu'ils ont dans Horace. De Pongers'ille donne, en effet, la traduction suivante : « Au contraire, le Cynique, qui, fier de sa patience, se revêt à peine de deux lambeaux de drap, ne changera point la route de sa vie, ou j'admirerais ce changement » Il s'agit de Diogéne
le Cynique, qui est opposé à l'homme de cour, Aristippe.