‹ Extraits de MontaigneChapitre 148 sur 353 · I. Variante de l'édition de · texte numérisé non relu

I. Variante de l'édition de

« Voicy mes levons : Celuy là y a miculx proufité, qui les faict, que qui les sçait. Si vous le veoyez, vous l'oyez; si vous l'oyez, vous le veovez. Ja à Dieu ne plaise, dict quelqu'un en Platon, que philosopher ce soit apprendre plusieurs choses, et traicter les arts ! Hanc amplissiniiim omnium artium bette vivtndi disciplinam, vita magis, quim lltteris, persecuti iunt I Léon, prince des Phliasiens, s'enquerant ik. Heraclides Ponticus de quelle science, de quelle art il faisoit profession : « Je ne sçay, dict il, ny

art ny science ; mais je suis philosophe. » On reprochait à Diogenes, comment, estant ignorant, il se mesloit de la philosophie : « Je m'en mesle, dict-il, d'autant mieulx à propos. » Hegesias le prioit de luy lire quelque chose : 0 Vous estes plaisant, luy respondit il :

vous choisissez les figues vrayes et naturelles, non peinctes; que ne choisissez vous aussi les exercitations naturelles, vrayes, et non escriptes ?

« Il ne dira pas tant sa leçon, comme il la fera ; il la répétera en ses actions : on verra s'il y a de ia prudence en ses entreprises, s'il y a de la bonté, de la justice en ses deportenicnts ; s'il a du jugement et de la grâce en son parler, de la vigueur en ses maladies, de la modestie en ses jeux, de la tempérance en ses voluptcz, de Tordre en son œconomie; de l'indifférence en son goust, soit chair, poisson, vin ou eau : Qui disciplituim siiam non ostenlationem scieiitiif, sed legem i-Uce puift ; qnique obtemperel ipse iibi , et décret is purent. Le vray miroir de nos discours est le cours de nos vies. »

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