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ESSAIS DE MONTAIGNÎE 163
!.. lilloise, je ne vois si petit apprentis qui n'enfle des mots, qui ne renge les cadences à peu prés comme eux mesmes '. Pour le vulgaire, il ne fut jamais tant de poètes ; mais comme il leur a esté bien aisé de représenter leurs rithmes, ils demeurent bien aussi court à imiter les riches descriptions de l'un et les délicates inventions de l'autre ^.
\'oire mais ', que fera-il ■* si on le presse de la subtilité sophistique de quelque syllogisme ? « Le jambon fait boire; le boire désaltère, parquoy le jambon désaltère 5. » Si ces sottes finesses ^ luy doivent persuader
sage un hommage rendu aux grands réformateurs de la poésie française. Montaigne dira encore, au cliapitre XVII du second livre des Essais : « Quant aux François, je pense qu'ils l'ont montée (la poésie) au plus haut degré où elle sera jamais ; et aux parties en quoy Ronsart et du Bellay excellent, je ne les treuve guieres esloignez de la perfection ancienne. » C'est une belle admiration, mais un peu exagérée.