Dans l'édition de
• Qu'il s'en mocque : il est plus subtil de s'en mocquer que d'y respondre. Q^j'il emprunte d'Ari»tippus cette plaisante contrefînesse :
« Pourquoy le desliesray je, puisque tout lie il m'empesche ? » Quelqu'un proposolt contre Cieanthes
des finesses dialectiques; à qui Chrysippus dit, « Joue toi de ces battelages avec les enfans; et ne destourne à cela les pensées sérieuses d'un homme d'aage. » — Se moquer de toutes les subtilités fort inutiles de l'école était, en effet, un moyen bien simple ; et pourtant on n'y pensa guère avant Montaigne. Toutefois M. Compayré lui-même, après avoir reconnu le bien fondé des critiques de Montaigne contre les abus de la dialectique, observe justement : « La dialectique avait certaines qualités que Montaigne n'a pas reconnues, un peu parce qu'elles lui manquaient à lui-même. En lisant les Essais, n'est-il pas vrai qu'on est tenté quelquefciis de regretter l'absence d'ordre, le défaut de suite î L.i scolas»ique abusait de l'ordre et de la méthode ; mais elle faisait de solides logiciens, d^ fiers argunientateurs allant droit devant eux.
Montaigne, au contraire, abuse du caprice et de la fantaisie. En condamnant la dialectique sans réserve, il obéissait à l'inspiration de ses propres défauts. » {Histoire critique des doctrines de Tiducation.')